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 http://www.lamontagne.fr/auvergne/actualite/departement/allier/2013/03/13/robert-boulignat-ancien-deuxieme-classe-au-60e-regiment-dinfanterie-temoigne-1474072.html

Après cinq mois de classe au 92RI, il rejoint l’Algérie au sein du 60RI, 20e section, 7e Compagnie, à Duvivier au sud de Bône. Photo : Richard Philippe

Membre d’Azi la Garance, association de Broût-Vernet ayant recensé l’ensemble des appelés de la guerre d’Algérie, Robert Boulignat se souvient.

Guerre sans nom mais soldats bien réels

Le 19 mars 1962, un cessez-le-feu mettait fin à huit années de guerre en Algérie. Huit années qui, partout en France, ont mobilisé des contingents entiers d'appelés.

Ceux de Broût-Vernet n'ont pas échappé à cet appel sous le drapeau. Dans un ouvrage intitulé « Les appelés de Broût-Vernet dans la guerre d'Algérie », paru en 2012, l'association Azi la Garance les a recensés. « Ce document rassemble la presque totalité des jeunes appelés. Le parcours de 105 d'entre eux, en Algérie, Tunisie ou Maroc, est répertorié », précise Jean-François Glomet, président d'Azi la Garance, auteur de cet ouvrage.

« À 20 ans, on n'a pas conscience de la guerre »

54 ans après son incorporation au 92e RI de Clermont-Ferrand puis son départ pour l'Algérie, les souvenirs de Robert Boulignat sont encore intacts. « J'avais tout juste 20 ans ! Et à cet âge on n'a pas conscience de ce que peut représenter la guerre même si les souvenirs de mon père ou de mon grand-père animaient les conversations familiales. De toute façon on savait qu'on allait être appelé. »

À partir de 1954, la France va renforcer sa présence militaire en Algérie et le 11 avril 1956, le service militaire est porté à 27 mois. « Après 14-18, puis 39-45, le temps de faire un soldat et ça repartait. La crainte était d'être à l'avant ! Incorporé dans l'infanterie comme voltigeur, forcément j'allais y être. »

Après cinq mois d'instruction au 92 e RI, le 26 octobre 1958, il embarque à Marseille à bord du paquebot Commandant-Quéré pour Bône en Algérie. « Là c'est le premier choc. Je me souviens, il pleuvait, il faisait froid et des enfants étaient là, grelottants sous la pluie avec tout juste une guenille sur la peau. On s'est regardé avec un camarade et on s'est demandé ce qu'on foutait là. Je crois que si la grande bleue n'avait pas été aussi large on aurait taillé la route. Je n'oublie pas ces exécutions de soldats algériens qui ne voulaient pas aller au combat, une horreur. »

Il est affecté au 60e RI, 20e section, 7e Compagnie, à Duvivier au sud de Bône. Soldat de 2e classe, équipé d'un fusil-mitrailleur de 12 kg, il part pour Aïn-Seynour. « Une région d'un autre âge. La population vivait dans des conditions rudimentaires. On se demandait vraiment où était l'ennemi ? »

« On n'en menait pas large en les voyant arriver

sur nous. »

Huit jours après son débarquement, c'est le baptême du feu. Envoyé vers la frontière tunisienne, son bataillon est confronté aux Fellagas. « On n'en menait pas large en les voyant arriver sur nous. Ce fut notre plus gros accrochage. Heureusement il y avait des gars d'expérience et l'aviation pour nous aider. »

Le 1er février 1959 son bataillon est dissous. Il intègre la 3e section du 60e RI, 11e compagnie postée sur un piton rocheux. « Nous n'avons eu que des escarmouches, des opérations de maintien de l'ordre. Rien à voir avec les six premiers mois de ma présence en Algérie où, là, on en a bavé avec des déplacements à pieds interminables, des missions sous des pluies diluviennes ou la neige. Et coûte que coûte quand on était en poste on n'en bougeait plus ! On a même souffert de la soif. »

Il est cité, le 8 janvier 1960, à l'ordre de la Brigade : « Tireur au fusil-mitrailleur courageux, résistant, a participé à toutes les opérations de sa compagnie depuis février 1959 ; s'est particulièrement distingué le 1er décembre 1959 près de Aïn es Srouna (secteur de Souk-Ahras – zone Est Constantinois) par son action résolue et décisive au cours d'opérations où 6 rebelles importants furent mis hors de combat, leurs 6 armes récupérées et de nombreux documents saisis. »

Il se voit attribuer la croix de la valeur militaire avec étoile de bronze par le lieutenant-colonel Hallais et le Général de division Dulac. « Déjà à cette époque on sentait que la guerre avait changé de physionomie. Les gradés étaient loin d'être des va-t-en-guerre et la confrontation avec la population était agréable. »

Nommé 1re classe le 1er mai 1960, la guerre d'Algérie prend fin pour lui le 25 août 1960 avec sa libération et le retour à Marseille à bord du paquebot Président-Cazalet. Il sera décoré de la médaille commémorative des Opérations de maintien de l'ordre en AFN avec agrafe Algérie, il est également titulaire du titre de Reconnaissance de la Nation et de la carte du combattant.

Aujourd'hui, après avoir adhéré à l'association des anciens combattants en AFN, il en assume la présidence depuis 2006.

Philippe Richard

 

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http://www.angers.fr/actualites/detail/index.html?tx_ttnews%5Btt_news%5D=6699&cHash=ed998717c42b46f2789eab82273817b2

  ANGERS

Inauguration mardi prochain

d'une allée du "19 mars 1962"

Une "allée du 19 mars 1962" sera inaugurée mardi prochain, jour anniversaire du cessez-le-feu de la guerre d'Algérie décrété, en 1962, au lendemain de la signature des accords d'Evian.

Ainsi nommée en hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d'Algérie et des combats en Tunisie et au Maroc, cette nouvelle voie, perpendiculaire à la rue Paul-Henry, se situe au coeur du nouveau quartier Desjardins. Elle sera inaugurée à 10 heures, juste avant la cérémonie commémorative qui aura lieu à 11 heures place Leclerc.

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