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Monsieur le Maire de Paris,
Madame la première adjointe au maire,
Madame l’Adjointe au Maire chargée de la mémoire et du monde combattant,
Mesdames, messieurs les députés, et sénateurs
Mesdames, Messieurs les maires et les élus de Paris
Monsieur le directeur de l’ONAC,
Mesdames et messieurs les Présidents représentant du monde combattant,
Chers amis, chers camarades,

Réunis ensemble ce matin, nous nous souvenons.
C’était hier, il y a 49 ans, le 19 mars 1962 :
Ce jour-là, là-bas, à l’heure du cessez-le-feu, dan l’Oranais, l’Ouarsenis, en Kabylie, dans les djebels, c’est le début du printemps.
En apprenant la nouvelle, nos cœurs se mettent à battre très fort, la vie va enfin reprendre son cours normal.
En France, dans les écoles les professeurs, les enseignants, les élèves respectent avec émotion une minute de silence.
On s’achemine enfin vers la fin de la guerre en Algérie.  Nos familles respirent, leurs enfants sont de retour, d’autres ne partiront pas à cette guerre, mais hélas certains ne reviendront jamais.
Nous n’oublions pas les drames qu’allaient connaître au lendemain de cette date les populations harkis et européenne en raison de politiques successives mal orientées et mal assumées.
Nous avons aussi une pensée recueillie pour les victimes civiles et militaires algériennes de cette guerre.
Dans toute la France, depuis 1963, chaque année à cette date anniversaire, notre Fédération rend hommage à nos frères d’armes tués en Afrique du Nord. Nous y associons  les victimes civiles.
Nous sommes particulièrement sensibles de la décision que vient de prendre la ville de Paris de réaliser prochainement dans ce même cimetière parisien du Père-Lachaise, proche de notre mémorial, une stèle en hommage à toutes les victimes civiles de l’OAS en Algérie  en France.
Ce sera le premier monument en  France qui rendra enfin hommage aux victimes de l’OAS.
C’est un acte important au moment où certains activistes après leur réhabilitation avec le soutien de certains partis politiques relèvent la tête et élèvent des stèles à la mémoire du commando Delta, assassin du chef de la sécurité urbaine d’Alger le commissaire Gavoury.
Nous n’avons pas la mémoire courte, nous nous rappelons pour l’avoir vécu, qu’à l’époque, à Alger, à Oran ou en France, l’OAS visait des militaires, des fonctionnaires, des civiles, des politiques parce qu’ils respectaient les choix du gouvernement légitime.
Il est important aujourd’hui de rester vigilant, tout en oeuvrant à entendre et à confronter les mémoires dans le respect de chacun, les soldats du contingents, les harkis, les rapatriés d’Algérie.
La ville de Paris a montré l’exemple depuis plusieurs années en adoptant un voeu pour la reconnaissance officielle de la date du 19 mars et en réalisant ce Mémorial en 2003, en hommage aux 752 militaires parisiens morts pour la France en Afrique du Nord où nous nous trouvons ce matin,  sans oublier la place du 19 mars 1962 dans le 12e arrondissement que nous fleurirons  tout à l’heure comme chaque année. Nous en sommes reconnaissants.

Mesdames, Messieurs, chers amis, chers camarades,
Aujourd’hui, c’est déjà demain.
En 2012 nous célébrerons le 50e anniversaire  de la fin de ce conflit.
A l’image de nos pères qui, dans la sagesse, quelques années après la capitulation de l’Allemagne nazie ont bâti l’Europe avec leurs anciens ennemis; ne serait-il pas raisonnable qu’a notre tour, par nos souhaits, nos actions, nous tendions une main fraternelle à nos adversaires de l’époque pour réaliser ensemble un travail de mémoire croisée et apaisée ?
Il n’y a pas d’échappatoire à l’écriture de la vérité historique, à la prise en compte des réalités de notre monde.
Le projet de l’Espace Parisien Histoire et Mémoire de la Guerre d’Algérie que vous soutenez porté par l’ensemble des associations d’anciens combattants de la guerre d’Algérie dans la capitale répond à ce souci de vérité.
En 2012, de nombreuses initiatives jalonneront ce 50e anniversaire dans la capitale.
Avant de clore cet hommage, je voudrais rappeler que parmi les 752 noms gravés dans le marbre de ce mémorial, il y en à un, qui nous parle beaucoup ce matin. Il s’agit d’Hervé Arthur ce jeune officier parisien rappelé, qui commandait l’unité tombée dans cette embuscade de Palestro le 18 mai 1956. Elle fit 19 victimes et un seul survivant. Cette embuscade très médiatisée à l’époque, marqua bien pour l’opinion que nous ne faisions plus de la pacification mais bien une guerre.
Cette guerre a mis 37 ans à être reconnue officiellement. Elle a fait dans notre pays 30 000 morts et des centaines de milliers de blessés. Ajoutons à cela les 2700 morts victimes du terrorisme de l’OAS et plus de 250 000 morts du coté algérien.
Pour le respect de l’histoire et de la mémoire de ceux qui sont morts, un pays démocratique comme le notre se doit de rendre hommage aux victimes civiles et militaires d’un conflit au jour anniversaire de la fin de celui-ci comme il l’a fait pour les guerres précédentes.
Pour toute cette histoire, cette mémoire et les idées de paix que nous portons ensemble, il est temps, pensons nous avant notre disparition, dans la responsabilité et dans l’honneur, de mener à son terme le projet de loi initié en janvier 2002 et reconnaissant officiellement la date du 19 mars comme Journée Nationale du Souvenir et du Recueillement à la mémoire des victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie.

Jean Laurans
Président du Comité de Paris de la FNACA

 

 

 

 

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