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 Le groupe d'histoire local s'est réuni une dernière fois pour relire la maquette du livre « Ils ont fait la guerre d'Algérie ».

http://www.lavoixdunord.fr/region/arleux-les-histoires-et-temoignages-d-anciens-ia16b12085n1651213 

Après « Chapelles et calvaires » en 2001, le « Guide de découverte » en 2005, et Mémoire de pierre, mémoire de guerre en 2010, le groupe de mémoire locale du centre socioculturel du SIRA, lance un quatrième ouvrage sous l’impulsion de Jean-Marc Dubois: Ils ont fait la guerre d’Algérie. Une autre vision de cette guerre, avec des témoignages abondamment illustrés. Un livre, passionnant où tout est classé chronologiquement, détaillé, les causes, les conséquences, les souvenirs, les avis partagés… Des tiroirs que l’on ouvre, dans lesquels on voit défiler huit années de guerre qui n’ont pas toujours été comprises, huit années obscures et difficiles.

Une quinzaine d’anciens combattants d’Algérie et historiens, ont ainsi accepté de revenir sur les causes de ce conflit qui a déchiré la France et l’Algérie. Mais aussi d’aller directement recueillir des témoignages, auprès de ceux qui ont vécu cette guerre « Certaines personnes n’ont pas voulu donner leurs noms, soit par pudeur, par gêne, ou simplement parce qu’elles voulaient oublier », précise Jean-Marc Dubois en ajoutant « Il faut souligner aussi l’amitié qui s’est nouée entre les membres du groupe. Les témoignages se sont multipliés, ce fut une aventure enrichissante pour tous ».

En lisant ce livre, on reste frappé par la précision des souvenirs : un village traversé, un personnage rencontré, des anecdotes… Claude Queulin, d’Hamel, raconte cette situation tendue à Oran après la signature des accords d’Evian : « J’ai assisté à des rivalités entre l’OAS, et les CRS la nuit. La 12/7 (mitrailleuse) de l’OAS, postée sur les hauteurs de la ville, mitraillait les CRS basés dans un collège ». Michel Ansart de Cantin évoque l’inaccessibilité des lieux : « Quand nous partions en opération, nous n’avions que deux jours de vivres et une unité de feu, soit 90 cartouches par fusil et 250 pour un fusil mitrailleur. Quand l’opération durait plus longtemps, on nous ravitaillait avec des mules ». Il y a ces grottes naturelles qui servaient de magasin ou d’infirmerie, mais aussi de cache d’armes pour les fellagas. Parfois on y faisait des découvertes surprenantes comme le raconte Jean-Pierre Leignel : « Lors d’une opération nous sommes tombés sur une cache. Une surprise nous y attendait : des centaines de paires de chaussures neuves et de djellabas. À notre sortie nous nous sommes retrouvés face à des fells qui nous ont arrosés à la mitrailleuse durant une heure. Heureusement, il n’y eut aucun blessé. ».

Parfois, la grande histoire croise la petite avec l’arrivé de De Gaulle au pouvoir, l’angoisse de l’attente d’un courrier qui n’arrive plus, les liesses algériennes au moment du passage de l’indépendance, les instants de tristesse s’installant au souvenir d’un camarade disparu… Même si les personnages rencontrés dans ce livre n’ont pas tous connu l’horreur, chacun a gardé dans un coin de sa mémoire ce qui lui a définitivement fait quitter sa jeunesse.

STEPHAN RYBAK (CLP)

 

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