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MÉMOIRE : Commémoration du 19 mars 1962

le « cessez-le-feu »


Le Samedi 19 mars 2011 @ 20:22:53

 

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En ce 19 mars, les participants se recueillent devant le Monument aux Morts du Creusot pour le 49ème anniversaire du « cessez-le-feu » en Algérie.

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Comme chaque année, le cortège, composé majoritairement d’anciens combattants désormais représentants d’associations patriotiques et d’élus, s’est d’abord donné rendez-vous sur le parking de l’Alto en fin de matinée.
Entraîné par la Clique des sapeurs pompiers du Creusot, il a ensuite pris la direction du Monuments aux Morts. Edifice devant lequel une cérémonie s’est déroulée, avec l’interprétation de La Marseillaise mais surtout un moment de recueillement à la mémoire des morts, illustré par le respect d’une minute de silence, le dépôt de gerbes sur le Monument ainsi que la lecture du manifeste faisant ressortir le drame de la guerre en question (lire-ci-dessous).
Ce « lourd et tragique » bilan, tels sont les termes employés dans le message national du comité national de la FNACA, Daniel Cattaneo, lui président du comité local ayant assuré l’ordonnancement de la cérémonie, y est revenu à l’Alto. « Entre 1952 et 1962, trente mille militaires sont morts au cours des conflits d’Algérie, du Maroc et de la Tunisie. Il faut ajouter les victimes civiles touchées par les attentats », a-t-il entre autres rappelé, en confirmant que le 19 mars est bien la date historique légitime et officielle, celle d’une journée de recueillement pour les morts en Afrique du Nord. C’est pourquoi Daniel Cattaneo a tenu à rendre hommage « à nos camarades creusotins » : Robert Berger, Daniel Bondoux, Roland Coniau, Pierre Duchamp, Daniel Gey, Claude Machuron, Edouard Ossiwala, Jean Thepenier, Louis Thibert et René Vadrot.
Dans son discours, le maire André Billardon, entouré de plusieurs membres de son équipe municipale et de son homologue autunois Rémy Rebeyrotte, a forcément eu une pensée pour eux. « Nous sommes là pour rappeler les souffrances engendrées par le conflit. Il vous a enlevé une partie de votre jeunesse et même des amis. Aujourd’hui, nous saluons leur mémoire », a-t-il déclaré, rajoutant que ce rassemblement, le premier de l’année devant le Monument aux Morts, fut encore le signe du refus de l’oubli, du refus de la différenciation entre combattants, tous morts au combat, et d’une mobilisation pour la Paix. Une mobilisation qu’il a si on peut dire encouragée de l’autre côté de la méditerranée. Comme il a réaffirmé que les seules lignes de conduite doivent être la liberté, la Paix et la démocratie.
Pour 2012, année du 50ème anniversaire du « cessez-le-feu » en Algérie, le maire a d’ores et déjà invité le comité local de la FNACA à marquer le coup, dans la logique bien sûr du souvenir et de la Mémoire avec un grand M.

Le message national de la FNACA

« Mémoire, Histoire,
Il y a 49 ans, le « cessez-le-feu » officiel était proclamé en Algérie le 19 mars 1962, mettant fin à plus de 10 années de guerre en Afrique du Nord.
Décidé entre le gouvernement français et celui, provisoire, de la République algérienne la veille à Evian, l’arrêt des combats était soumis au peuple de France, par voie référendaire, le 8 avril 1962 et approuvé par 9 français sur 10.
Sans discontinuer depuis 1963, par cette commémoration, nous perpétuons le sacrifice de nos compagnons morts pour la plupart à 20 ans, en y associant nos frères d’armes harkis et supplétifs, ainsi que les victimes civiles.
30 000 morts,
300 000 blessés ou malades, corps mutilés, esprits troublés à jamais,
des centaines de disparus
un million d’européens fuyant leur pays dans un total dénuement,
plusieurs centaines de milliers d’algériens victimes de ce conflit.
Tel a été ce drame, lourd et tragique bilan !
Le recours à la guerre, hideuse, destructive, qui asservit l’homme, n’est pas une finalité.
Pour avoir hélas connu et vécu la guerre, nous mettons tout en œuvre pour préserver la Paix, dans un esprit de conciliation.
Il nous revient d’être vigilants, de rappeler sans cesse l’Histoire.
Il nous revient de témoigner, afin d’alerter et sensibiliser les jeunes générations.
Il nous revient, désormais, d’être des combattants de la Paix.
Dans cette volonté d’apaisement, restons solidaires pour un monde plus humain.
L’exemple doit venir de nous, anciens combattants, pour que la liberté soit préservée, pour vivre dans l’égalité et la fraternité, dans un monde de Paix. »

 

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Le témoignage d’un ancien combattant en Algérie transmis à creusot-infos
« En 1955, après avoir passé quelques mois dans un groupe de transport, je fût muté aux goums de Tunisie. Voici un résumé d’une des opérations menées par cette unité en Algérie.
Appelés en Algérie sur un théâtre d’opération, nous sommes dans les Némentchas. Comme d’habitude, ça fonce, les hauts, les bas de la montagne, bouclage et ensuite ratissage. Soudain la nuit tombée, quelques coups de feu éclatent !
Dès le jour, la fouille commence. Découverte d’un important dépôt : dattes, farine, huile, légumes, pétrole, armes, munitions, piles radio… Un volume astronomique. Destruction et retour au bivouac.
Le lendemain, au cours de l’après-midi, le Tabor se lève, conduit par un Patron dynamique de 29 ans, volontaire comme aucun, rescapé de Dien Bien Phu en Indochine. Il arrive à convaincre par radio le commandant de l’opération de se porter au plus près de l’accrochage. Après une marche forcée, nous prenons Djeurf. Il pleut, on a froid. Dans la nuit, quelques coups de feu claquent, une rafale blesse un goumier. Nous voilà plaqués, coincés dans une arène géante où, demain, on doit livrer combat.
A l’aube, l’ordre est donné d’enlever cette position. Rapidement, pilonnage d’artillerie et raid aérien traitent partiellement la question. Après quelques heures, on passe à l’attaque des objectifs. L'adversaire est courageux et coriace. Nous devons évacuer sept blessés. Le 12ème goum est cloué, la progression pénible. Une rafale blesse sérieusement un sergent et quelques goumiers marocains. Notre commandant, avec sa rage de vaincre, est blessé à l'épaule droite. Il ne met qu'un genou à terre se relève et repart. Dans ce guêpier, chacun prend des initiatives, on n'a pas le temps de rendre compte. Ça hurle, ça gesticule, on entend des ordres que personne ne comprend, les uns poussent les autres, arrosés par un mitraillage intensif, cloués au sol ou avançant par bonds de deux à quatre mètres.
Soudain, le silence (!!) angoissant. Les armes se sont tues, à l'heure du bilan. La jonction avec une compagnie de la légion étrangère est faite, le soulagement est immense.
Le nettoyage des grottes s'accélère. Les rebelles se trouvent pris en tenaille, que vont-ils faire ? La nuit est tombée et, tout à coup, un rush désespéré des rebelles ouvre une brèche et engage un corps-à-corps avec nos vaillants goumiers : carnage et silence.
Après de longues heures de hurlement, de gémissements, le jour se lève en offrant un butin de morts et de sang. Dans nos rangs : un officier blessé, quatre sous-officiers touchés, un soldat français et 31 goumiers tués. Pour qui ? Pourquoi nom de Dieu ?

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