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C’est à la fois une extravagance, un nouveau scandale et une provocation dépassant l’entendement.

Ne s’agit-il pas de faire passer pour des victimes civiles de la guerre d’Algérie des personnes disparues en dehors (après la fin) de la guerre d’Algérie ?

C’est tout simplement inouï : la fréquentation des anciens de l’OAS rend fou !

La vigilance s’impose, encore et toujours : ne baissons pas la garde !

 

 

 

 

 

Paris, le 8 mars 2011 [19 h 04].

 

Madame, Monsieur,

Le Mémorial national des Morts pour la France de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, présent quai Branly à Paris-7ème, a été détourné de sa vocation le 26 mars 2010 avec l’inscription, sur sa colonne médiane, des noms de civils ayant trouvé la mort le 26 mars 1962 rue d’Isly à Alger, à l’occasion de leur participation à une manifestation insurrectionnelle organisée à l’appel de l’OAS.

Le Gouvernement entend aller encore plus loin en 2011, ayant le projet de dénaturer au-delà du concevable ce monument : il s’agit en effet, d’un certain point de vue, de marginaliser ceux qui sont tombés victimes de leur engagement au service de la Nation au bénéfice de disparus civils dont la mémoire est certes respectable mais dont l’implication dans la défense de la patrie et des valeurs de la République ne saurait justifier un positionnement, qui plus est central, sur le site du quai Branly.

C’est dans une allocution prononcée le mercredi 26 janvier 2011 à l'occasion de ses vœux à la communauté des Français rapatriés, que M. Renaud Bachy, président de la Mission interministérielle aux rapatriés (MIR), a évoqué le sort du Mémorial du quai Branly. Son propos a été enregistré à son insu, retranscrit et publié sur le site Internet ʺJeune Pied-Noirʺ (le site des pieds-noirs, des harkis et de leurs amis - http://jeunepiednoir.pagesperso-orange.fr), sous la responsabilité de M. Bernard Coll, secrétaire général de JPN (BP 4 - 91570 Bièvres - Cel : 06 80 21 78 54 – Tél : 01 69 41 01 12 - Mél : jeunepiednoir@wanadoo.fr).

 

Cf. : http://jeunepiednoir.pagesperso-orange.fr/jpn.wst/MIR.htm.

Après avoir rappelé que, sous la responsabilité de M. Hamlaoui MEKACHERA, alors ministre délégué aux anciens combattants, le Mémorial avait été flanqué, quelques années après sa création, d’une stèle dédiée aux victimes civiles et qu’il rassemblait désormais les Morts pour la France à titre militaire et les victimes civiles, le président de la MIR a déclaré :

« La journée du 5 décembre doit être la journée où se rassembleront, autour du monument du quai Branly, toutes les victimes militaires et les victimes civiles, sur ce monument qui, lui, est national. C'est la raison pour laquelle j'ai déjà transféré, au-delà de la liste des victimes du 26 mars, la liste de tous les disparus de la période 1954-1962 - je dis bien de tous les disparus de la période 1954-1962 ! -, sans que cette liste ne s'arrête à une date, qui aurait pu être, c'est-à-dire la date du 3 juillet. Nous allons aujourd'hui rendre un hommage à tous les disparus même au-delà du 3 juillet 1962. Nous allons ajouter à cette liste-là, de la colonne centrale, la liste des victimes civiles de la guerre d'Algérie pour que cet hommage national puisse leur être rendu. Et pour faciliter un peu les choses, on m'a demandé de ʺrevisiterʺ, si je puis dire, la circulaire qui a été publiée le 4 octobre 2010 afin de faciliter l'inscription des noms des victimes civiles sur ce monument du quai Branly. Donc, vous voyez, le gouvernement insiste sur cette journée du 5 décembre, seule journée nationale d'hommage. ».

L’on ne peut qu’être effaré par l’audace des intentions ainsi exprimées, il y a six semaines, par M. Renaud Bachy : aux noms des victimes civiles de la rue d’Isly, dont l’inscription sur la colonne centrale de ce monument voué à célébrer le souvenir des Morts pour la France en AFN était déjà constitutive d’une voie de fait, viendraient s’ajouter ceux de l’ensemble des disparus de la guerre d’Algérie depuis le 1er novembre 1954 jusqu’au-delà même de la date officielle de l’indépendance.

L’annonce d’une mesure aussi insensée, dont l’inspiration est aisément discernable mais dont les incidences légales et réglementaires semblent n’avoir pas été prises en compte, ne peut que soulever l’indignation.

 

Il n’est que temps que la représentation nationale mette un terme à l’instrumentalisation partisane dont le monument du quai Branly et la journée nationale d’hommage aux Morts pour la France en AFN sont plus que jamais l’objet, à la veille du grand rendez-vous mémoriel de 2012.

Il importe de rappeler à nos parlementaires qu’il existe deux propositions de loi ayant pour objet de fixer la destination du Mémorial national de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie : l’une, du 7 juillet 2010, émane de M. Guy Fischer, sénateur du Rhône ; la seconde, du 1er février 2011, a été initiée par Mme Marie-Hélène Amiable, députée des Hauts-de-Seine.

Je vous prie de croire, Madame, Monsieur, à l’assurance de ma parfaite considération.

 

Jean-François Gavoury

Pupille de la Nation

Orphelin de guerre

Président de l’Association nationale

pour la protection de la mémoire

des victimes de l’OAS (ANPROMEVO)

 

 450px-Paris - Memorial de la guerre d Algerie

 

 

 

 

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