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Le général de Gaulle à Zemmora (Algérie), le 30 août 1959 © Eyedea

http://www.jeuneafrique.com/Article/ARTJAJA2539p077.xml0/algerie-france-edition-discoursce-jour-de-1959-ou-l-algerie-devint-independante.html

Dans son nouveau livre, l’historien Benjamin Stora revient sur le discours du général de Gaulle au cours duquel il prononça pour la première fois le mot « autodétermination ».

Lorsque l’on souhaite citer les dates clés de la guerre d’Algérie, on se heurte à un premier obstacle : à de rares exceptions près, ce ne sont pas les mêmes selon que l’on se situe côté algérien ou côté français. Ainsi, alors que l’offensive d’août 1955 dans le Constantinois ou le Congrès du FLN dit de la Soummam en 1956 sont pour les Algériens des étapes majeures de la lutte de libération, elles sont pratiquement ignorées dans l’Hexagone. Inversement, à Alger, on ne prête guère d’importance au retour au pouvoir du général de Gaulle en mai 1958. Ni au « putsch des généraux » d’avril 1961.

Il existe néanmoins pour les historiens un second obstacle : certaines dates majeures sont occultées à la fois par les uns et par les autres. Ainsi en est-il du 16 septembre 1959, dont peu de gens, même dotés d’une excellente mémoire ou d’une vaste culture, connaissent l’importance. Or il s’agit tout simplement, selon Benjamin Stora qui publie un livre entier sur cet événement, d’un tournant décisif de la guerre. C’est en effet ce jour-là que s’est enclenché le processus conduisant à l’indépendance de l’Algérie. Cette date est celle du premier discours dans lequel le mot « autodétermination » a été prononcé par le chef de l’État français, après cinq ans de guerre. Il y a donc bien un avant et un après le 16 Septembre. Car même si les affrontements ont encore duré presque trois ans avant que les armes ne se taisent, le 18 mars 1962, le sort de l’Algérie française était en réalité définitivement scellé par le ralliement du général au droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. 

Revirement

Curieusement, comme le montre Benjamin Stora, la plupart des acteurs de la tragédie n’ont pas aussitôt perçu l’importance de ce revirement. Les combattants indépendantistes craignaient un piège et, mis à part Ferhat Abbas, le plus lucide à cette occasion, ils ont pensé que cette proposition avait pour seul objectif de neutraliser l’hostilité générale rencontrée par les Français aux Nations Unies. Quant aux dirigeants et aux hommes d’influence français, ils ont mis plusieurs mois à comprendre la portée de ce choix, ne retenant du discours que ce qu’ils voulaient entendre. C’est-à-dire que de Gaulle préférait la solution d’une association entre la France et une Algérie autonome. Seuls les ultras parmi les ultras au sein de l’armée (le colonel Argoud, futur cadre de l’OAS), du monde politique (le député Jean-Marie Le Pen) ou de la société civile (le directeur et éditorialiste de L’Écho d’Alger, Alain de Sérigny) ont tout de suite compris que la page de l’Algérie française était tournée.

Le choix de l’Élysée marquait-il pour autant une évolution radicale de la pensée du Général de Gaulle, forcé de constater l’efficacité du combat des indépendantistes sur les plans militaire et politique ? Ou ne faisait-il qu’annoncer publiquement une certitude ancienne sur l’inéluctabilité de l’indépendance ? La réponse ne va pas de soi et les historiens en débattent encore aujourd’hui. À lire Benjamin Stora, on a de bonnes raisons de penser que si les deux hypothèses sont pour partie vraies, la seconde est étayée par des indices nombreux et des témoignages concordants. Car, pour le fondateur de la Ve République, l’enjeu majeur était alors de choisir entre le conservatisme – avec le maintien de l’empire français – et la modernité – avec un recentrage du projet national sur l’Europe et le développement économique, désormais principal garant de la puissance. Face à cet enjeu, le choix du général était manifestement arrêté depuis le jour de son retour au pouvoir.

 

 

 

Le général DE GAULLE, dans un discours radiotélévisé, énonce le principe fondamental de sa politique à l'égard de l'Algérie : celui de l'autodétermination. Plans de Gardes Républicains (à cheval devant l'entrée de l'Elysée et en faction au garde-à-vous sur les marches) - Intégralité de l'allocution qui commence par un exposé sur ce qui a été fait depuis son retour au pouvoir : "Notre redressement se poursuit... L'unité nationale est ressoudée..." - Ensuite, le Général aborde le "problème difficile et sanglant" qui "reste posé : celui de l'ALGÉRIE. Il nous faut le résoudre... Nous le ferons comme une grande nation et par la seule voie qui vaille, je veux dire par le libre choix que les Algériens eux-mêmes voudront faire de leur avenir. A vrai dire, beaucoup a été fait déjà pour préparer cette issue. Par la pacification, d'abord... Notre armée accomplit sa mission courageusement et habilement... La 2ème condition du règlement est que tous les Algériens aient le moyen de s'exprimer par le suffrage vraiment universel... Ils l'ont à présent... résoudre la question algérienne, ce n'est pas seulement rétablir l'ordre ou donner aux gens le droit de disposer d'eux-mêmes. C'est aussi, c'est surtout, traiter un problème humain... Il s'agit que les Algériens aient de quoi vivre en travaillant... Cet effort est en cours". Suit un bilan détaillé des dépenses faites pour l'Algérie. - "... on peut maintenant envisager le jour où les hommes et les femmes qui habitent l'Algérie seront en mesure de décider de leur destin, une fois pour toutes, librement, en connaissance de cause. Compte tenu de toutes les données... je considère comme nécessaire que ce recours à l'autodétermination soit, dès aujourd'hui proclamé... Je m'engage à demander, d'une part aux Algériens... ce qu'ils veulent être en définitive et d'autre part, à tous les Français d'entériner ce que sera ce choix... la question sera posée aux Algériens en tant qu'individus... car... il n'y a jamais eu... de souveraineté algérienne... Quant à la date du vote, je la fixerai le moment venu, au plus tard 4 années après le retour effectif de la paix". - "...Mais le destin politique... quel peut-il être ?... Ou bien : la sécession... Ou bien : la francisation complète... Ou bien : le gouvernement des Algériens par les Algériens..." - "... Si les insurgés craignent qu'en cessant la lutte ils soient livrés à la justice, il ne tient qu'à eux de régler avec les autorités les conditions de leur libre retour, comme je l'ai proposé en offrant la paix des braves..." - "... Les modalités de la future consultation devront être, en temps voulu, élaborées et précisées. Mais la route est tracée. La décision est prise. La partie est digne de la France !"Plans de Gardes Républicains sur les marches, plans de la façade de l'Elysée et drapeau français flottant au vent.

 

 

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