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http://television.telerama.fr/tele/programmes-tv/une-histoire-algerienne,35444158.php

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 Ben Salama avec Michel Rocard, l'un des témoins du film

Réalisé par : Ben Salama

La guerre d'Algérie est le dernier acte du mouvement de décolonisation des territoires de l'Empire français, dans les années 50 et 60. Elle a causé des blessures qui ne sont toujours pas cicatrisées, cinquante ans plus tard. Cette guerre de huit ans a généré des souffrances qui sont toujours ressenties des deux côtés de la Méditerranée. Près d'un million d'Européens ainsi qu'une centaine de milliers d'Algériens, les harkis, combattants du côté de l'armée française, ont été contraints de quitter leur terre natale. Ce document, réalisé par un natif d'Algérie qui a vécu cette guerre lorsqu'il était enfant, est un récit à plusieurs voix de cette période douloureuse, celles de trois écrivains, de la
fille d'un militant indépendantiste, de la fille d'un harki et d'un fils de pied-noir.

La critique TV de télérama du 17/03/2012

Se réclamant du Camus des Chroniques algériennes qui affirmait : « Il n'y aura pas d'avenir qui ne rende justice en même temps aux deux communautés d'Algérie », le réalisateur Ben Salama entend, par son film, livrer la part de vérité et exhumer les souffrances de « toutes les populations d'Algérie ». Récit à plusieurs voix de la guerre d'indépendance, le documentaire convoque chronologiquement les souvenirs de Maïssa Bey (1) , écrivaine majeure et singulière, de l'éditrice et auteure Fatima Besnaci (2) , du politologue Raphaël Draï. Rassemblant ainsi, aux côtés de sa mémoire d'enfant kabyle marqué par « la peur, la violence et la faim », celle de la fille d'un militant FLN exécuté par les militaires français, celle de la fille d'un harki, et celle enfin d'un fils de pied-noir de Constantine.

A hauteur des gamins qu'ils étaient alors, le film, tout en émotion intacte, révèle la profonde injustice du système colonial : les deux collèges lors des scrutins électoraux, l'infime proportion d'enfants algériens fréquentant les écoles communales, la spoliation des terres et du bétail, l'extrême misère des camps de regroupement... S'enrichissant des témoignages des protagonistes adultes du conflit - Michel Rocard, Pierre Joxe, Jean-Pierre Soisson, Redha Malek, Zohra Drif -, le film fait la démonstration d'un possible récit pluriel de cette sale guerre. Aux propos de Joxe évoquant « les moyens les plus bas » utilisés contre la population, comme l'utilisation du napalm ou la torture, répondent ceux de Mabrouk Belhocine affirmant que le FLN est « responsable à 50 % de l'émergence des harkis ». Les cicatrices sont indélébiles. Mais peut-être est-il temps d'écrire une histoire commune, de s'essayer à poser un regard apaisé sur le passé. C'est la voie choisie par ce film subtil.

(1) Maïssa Bey, Puisque mon coeur est mort, éd. de l'Aube, 2010.

(2) Fatima Besnaci, avec Gilles Manceron, Les Harkis dans la colonisation et ses suites, éd. de l'Atelier, 2008.

Marie Cailletet

 

 

 

 

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