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guerre_927110_465x348.jpgPour voir l’article dans son entier cliquez sur le lien ci-dessous car nous n’avons reproduit que les grandes lignes :

http://www.elwatan.com/actualite/les-algeriens-et-l-histoire-du-mouvement-de-liberation-une-connaissance-parcellaire-28-03-2012-164487_109.php

 

SONDAGE : Les Algériens et l’histoire

du mouvement de libération

Une connaissance parcellaire

 

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NOTRE RESUME

* Le 19 mars : Seuls 20% des Algériens savent que c'est la date du cessez-le-feu.

* Le départ des pieds-noirs :  la très grande majorité des Algériens considère que c’est plutôt une bonne chose.

* Les harkis : la majorité des Algériens ne veut pas pardonner.

* La possibilité pour l’Algérie d’avoir des relations normales, dépassionnées, apaisées avec la France : légèrement plus de la moitié des Algériens pense que c’est possible.

 * L’OAS le début de l’amnésie ? Pourtant cette organisation terroriste et criminelle a fait beaucoup de victimes chez les Algériens.

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La connaissance des dates historiques ne peut évidemment en elle-même se substituer à une connaissance un tant soit peu complète de l’Histoire.

Cette connaissance si importante pour que l’individu se sente partie intégrante d’une société, d’une culture, d’une civilisation. C’est dire que si cette simple connaissance des dates marquantes est absente, comme le montre ce sondage, une dimension  importante de l’intégration sociale fait défaut. Au-delà, c’est bien évidemment les raisons de cette absence qu’il faut élucider.
Le déficit se lit aussi sur d’autres questions tout aussi importantes: les accords d’Evian, l’OAS…
On en vient alors à s’interroger sur ce paradoxe d’une des révolutions les plus importantes du XXe siècle ignorée par le peuple même qui l’a portée.  

L’impression que donnent ces résultats est que les personnes les plus âgées, celles de 55 ans et plus, qui ont vécu au moins quelques années de la révolution n’ont pas voulu, pour la majorité, approfondir leur connaissance des événements  dont ils ont vécu la tourmente. Les autres, plus jeunes, mais surtout plus instruits, semblent ne connaître de l’histoire de la révolution que les dates les plus importantes, qui donnent ainsi une sorte de raccourci. Pour évoquer peut-être, mais trop peu pour analyser.

Il convient sans doute de s’interroger sur le rapport de cette connaissance rachitique de l’histoire et de son corollaire, l’ignorance du message libérateur de la révolution à la facilité avec laquelle une proportion non négligeable d’Algériens ont sympathisé avec l’intégrisme.
Sur un autre aspect de la révolution, nous pouvons constater que 50 ans après l’indépendance la position de l’immense majorité des Algériens à l’égard des harkis reste le non-pardon.  Un ami sociologue à qui j’ai fait part de ce résultat en tirait la conclusion d’une forme de blocage de la société algérienne. Ce jugement qui m’avait un peu surpris pose la question du caractère quelque peu schématique de la démarche de ce sondage consistant à tirer des conclusions fortes sur un problème aussi important à l’aide d’une question simple.

En fait, le caractère massif de la position de ne pas pardonner (90%), ne prête à aucune ambiguïté quant au sentiment des Algériens vis-à-vis des harkis, même après 50 années d’indépendance. Mais rien ne dit que des positions beaucoup plus nuancées chez une proportion importante d’Algériens n’auraient pas surgi si un nombre plus important de questions avaient été posées, notamment sur la forme d’implication des harkis aux côtés de l’armée française (participation à des actes de tortures et de viol,  répression des populations civiles, simple participation aux combats contre l’ALN…).

L’avis des Algériens sur le départ des pieds-noirs montre déjà plus de nuances. Ils sont ainsi 68% à considérer que c’est une bonne chose, mais déjà 18% à dire que c’est plutôt une mauvaise chose et 14% à ne pas se prononcer.  On constate donc, en un sens, plus de sympathie pour les pieds-noirs que pour les harkis.

Cette évolution apparaît aussi nettement dans la question sur la possibilité pour l’Algérie d’avoir des relations apaisées avec la France.  On constate, sur cette question, que plus de la moitié des Algériens pensent que c’est possible. Cette proportion est à rapprocher de celle des 63% des Français qui considèrent que la France a intérêt à poursuivre une politique de coopération avec l’Algérie, qui ressortait d’un sondage réalisé par l’IFOP début mars  2012.           

 Le 19 mars : Seuls 20% des Algériens savent que c'est la date du cessez-le-feu

 Le 5 juillet 1962 l’Algérie a arraché son indépendance et devient un Etat souverain. Depuis, elle célèbre et commémore plusieurs dates majeures qui ont marqué ce chemin vers la souveraineté. Aujourd’hui, 50 ans après, les Algériens connaissent-ils ces dates historiques ? Nous avons demandé aux personnes interrogées «à quel événement historique renvoient certaines dates : le 8 mai 45, le 1er novembre 1954, le 20 Août 1956, le 19 mars 1962, et enfin le 5 juillet 1962 ?». Une personne sur cinq connaissait toutes ces dates et 12% uniquement le 1er novembre ou le 5 juillet. Près des ¾ ignorent à quel événement renvoie le 20 Août 1956, 62% ignorent la date du 19 mars 1962 et 44% ignorent le 8 mai 1945.

Mais les Algériens retiennent certaines plus que d’autres. Le 5 juillet et le 1er novembre sont celles qui sont les plus retenues.


S’agissant plus spécialement de la date du 19 mars 1962


Ils ne sont qu’un peu plus du tiers (38%) à connaître cette date. Pour la moitié de ceux qui la connaissent, il s’agit du jour du cessez-le-feu. L’autre moitié connaît plutôt la date du 19 mars comme la fête de la victoire. Peu de personnes (3%) citent spontanément les accords d’Evian à l’évocation de cette date.

L’appréciation de cette date est plus liée à l’âge de la personne qu’un autre facteur. Pour les plus jeunes, c’est plutôt le jour de la victoire (dans 50% des cas) alors que pour les plus vieux c’est plutôt le jour du cessez-le-feu (dans 62% des cas). Ceci marque le fait que pour les plus jeunes il s’agit d’une connaissance scolaire ou de culture générale, alors que pour les plus anciens il s’agit plutôt d’un événement vécu. Interrogé sur la date qui pour eux marquait  la fin de l’occupation française : plutôt le 19 mars 1962 ou le 5 juillet 1962, nous avons, sans surprise, une grande majorité (63%) qui disent que c’est plutôt le 5 juillet 1962.  Mais, un tiers, une proportion importante, répondait que c’est plutôt le 19 mars 1962.

Evidemment, cette question a été posée uniquement aux personnes qui connaissaient ces deux dates. Ici, ni l’âge ni le niveau d’instruction ne montrent d’influence significative. On relève la même proportion, un tiers, qui répond par le 19 mars 1962, aussi bien parmi les jeunes et les moins jeunes que les vieux, et parmi les  analphabètes ou de faible instruction que les instruits. Toujours concernant le 19 mars 1962, beaucoup de personnes (parmi ceux qui connaissent cette date) pensent qu’elle n’a pas la place qui lui revient dans les commémorations officielles, les discours politiques et les médias.

Ils sont 55% à répondre par la négative (c’est-à-dire qu’elle n’a pas la place qui lui revient) contre 35% à dire oui. Ce dernier avis (le 19 mars a la place qui lui revient) est beaucoup plus partagé d’une part, chez les plus jeunes et les moyennement jeunes que les vieux, et, d’autre part, chez les plus instruits (les universitaires) que les moins instruits (de niveau secondaire, moyen ou primaire) ou encore les analphabètes.

L’OAS le début de l’amnésie ?

Un peu plus de la moitié des adultes n’ont  pas entendu parler de l’OAS, cependant, les 46% qui ont déclaré en avoir déjà entendu parler ne la connaissent pas tous.

En effet, seuls 73% (ce qui représente 34% de la population totale des adultes) la considèrent comme une organisation qui à travers des attentats voulait que la France reste en Algérie. 7,3% pensent que c’était une organisation qui voulait que la France parte d’Algérie. Il y a même une proportion qui pense  que c’est une organisation qui aidait les Algériens. En revanche 16,4% ont déclaré qu’ils ne savaient pas ce qu’était cette organisation. 

L’intuition dit que nous devrions avoir une proportion plus importante de personnes connaissant l’OAS dans la tranche d’âge «55 ans et plus», qui a vécu ne serait-ce que les dernières années de la guerre de libération. Ceci s’est avéré inexact. En effet, on ne constate presque pas de différence dans la connaissance de l’OAS entre les différentes tranches d’âge.
C’est plutôt le niveau d’instruction qui paraît déterminant dans la connaissance de cette organisation. Les personnes de niveau supérieur sont ainsi plus de 80% à avoir déjà entendu parler de l’OAS, contre 35% environ chez les analphabètes.

Les accords d’Evian : La moitié seulement des Algériens adultes en ont entendu parler et moins de 4% peuvent citer le nom d’un des négociateurs.

Saïd Ighilahriz. Directeur ECOtechnics,

Hammadi Abderrazak. (ECOtechnics)

Mahdi Chayaa. (ECOtechnics)

Yezli Kamal. (ECOtechnics)

 

 

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