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De nombreux anciens combattants d’Algérie et moi-même sommes absolument déterminés pour qu’une contre-manifestation s’organise afin de tenter d’empêcher cette cérémonie scandaleuse au Touvet en hommage à des criminels et terroristes  de l’OAS qui ont tenté de renverser la République Française en 1961, auteurs de quelque 2700 victimes militaires et civiles y compris des appelés du contingent.

Michel Dandelot

Administrateur de ce blog

 

 

De : Jean-François GAVOURY
Envoyé : samedi 9 juin 2012 – 02 h 10
À : RAMPON Jean PREF38
Cc :
laurence.thery@letouvet.com; l.thery@yahoo.fr; francois.brottes@wanadoo.fr; contact@ump38.fr; fede38@parti-socialiste.fr; isere@eelv.fr; lutte.ouvriere.smv@voila.fr; pcfisere@wanadoo.fr; pg38.isere@gmail.com; emmanuelroussel.5cir@gmail.com; faouziaperrin@wanadoo.fr; marc.lizere@wanadoo.fr; ophelie.rota@gmail.com; georges.bescher@georges-bescher.com; fnaca38@wanadoo.fr


Objet :
Guerre d'Algérie - Manifestation publique d'hommage à un criminel de l'OAS le dimanche 10 juin 2012 au Touvet (Isère) - Demande d'interdiction - Suites.

Importance : Haute

- à l’attention de Monsieur Jean Rampon

Directeur de cabinet

du préfet de l’Isère -

Paris, 9 juin 2012.

Monsieur le sous-préfet,

Je prends bonne note de l’annulation hier soir, par le tribunal administratif de Grenoble, de l’arrêté de M. le préfet de l’Isère en date du 7 juin 2012 portant interdiction, durant toute la journée du dimanche 10 juin 2012, de toute manifestation et tout rassemblement aux abords du cimetière du Touvet à la suite des appels lancés par l’Adimad et la Fédération nationale des rapatriés dans la perspective d’un hommage au criminel Claude Piegts prévu à 11 h 00, autour de sa tombe, à l’occasion du cinquantième anniversaire de son exécution le 7 juin 1962.

Le fait que cet arrêté ait dû être immédiatement rapporté ne me paraît pas exclure qu’il soit fait appel de la décision du juge administratif en question.

Par ailleurs, en tant qu’il porte sur tout rassemblement organisé à l’extérieur du cimetière - soit par les instigateurs eux-mêmes de la cérémonie, soit, du reste, par les éventuels opposants à son déroulement -, le jugement ne me semble pas de nature à priver Mme le maire du Touvet de l’exercice de ses pouvoirs - ni en matière de police des cimetières, ni au regard du code électoral - pour en ordonner la fermeture.

En tout état de cause, compte tenu de l’objet de votre nouvel arrêté, les représentants des associations républicaines d’anciens combattants, du monde rapatrié, des familles de victimes du terrorisme de l’OAS sont fondées à considérer qu’elles ont désormais la faculté de se réunir le dimanche 10 juin, à partir de 10 h 30, aux abords de l’entrée du cimetière du Touvet pour tenter d’empêcher la tenue de la cérémonie dont il s’agit.

Enfin, à supposer qu’il ne puisse être d’aucune manière fait obstacle à cet hommage public à Claude Piegts, il serait expédient de mettre en œuvre des dispositions tendant à ce que soit dûment constaté tout abus éventuel de la liberté d’expression :

- relevant de l’apologie publique des crimes commis par l’OAS ou en son nom à la fin de la guerre d’Algérie, de la diffamation ou injure à l’égard de la mémoire des personnes (fonctionnaires publics ou dépositaires de l’autorité publique notamment) tombées sous les coups de cette organisation terroriste ou encore de l’atteinte à l’honneur des membres des familles desdites victimes ;

- ou consistant en un message à contenu politique, polémique ou propagandiste susceptible d’avoir, directement ou indirectement, une influence sur le premier tour des élections législatives des 10 et 17 juin 2012 dans la cinquième circonscription de l’Isère.

Je vous remercie de l’attention que vous ne manquerez pas de porter à ces éléments nouveaux, et l’escompte également tant de Mme Laurence Théry que de M. François Brottes et de ses concurrents.

Je vous prie d’être assuré, Monsieur le sous-préfet, de ma considération bien sincèrement la meilleure.

Jean-François Gavoury

Président de l’Association nationale

pour la protection de la mémoire

des victimes de l'OAS (Anpromevo)

 

Mél : jfgavour@noos.fr

ou anpromevo@noos.fr 

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De : RAMPON Jean PREF38
Envoyé : vendredi 8 juin 2012 – 18 h 56
À : Jean-François GAVOURY
Cc : Maire Le Touvet; François Brottes; SdOnac38; Fnaca38; Association Coup de soleil
Objet : Guerre d'Algérie - Manifestation publique d'hommage à un criminel de l'OAS le dimanche 10 juin 2012 au Touvet (Isère) - Demande d'interdiction - Suites.

Bonsoir Monsieur,
L'AP pris hier a été déféré au TA de Grenoble qui n'a pas eu la même approche que le TA de Montpellier et a notamment estimé que la décision du Préfet  portait une atteinte grave à des libertés fondamentales (réunion) et que le trouble à l'ordre public n'était pas suffisamment caractérisé.
Le juge du TA a donc enjoint le préfet à rétablir cette liberté, ce qui vient d'être fait par un nouvel AP rapportant celui d'hier.
In fine, la manifestation ne peut plus être interdite et aura donc lieu.
Il ne m'appartient pas de me prononcer sur une décision de justice, mais de l'appliquer.

Cordialement

Jean RAMPON
Directeur de Cabinet
Préfecture de l'Isère
 

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-------- Message original --------

Sujet : Guerre d'Algérie - Manifestation publique d'hommage à un criminel de l'OAS le dimanche 10 juin 2012 au Touvet (Isère) - Demande d'interdiction - Suites.
De : Jean-François GAVOURY
Pour : Maire Le Touvet;
Copie à : RAMPON Jean PREF38; François Brottes; SdOnac38; Fnaca38; Association Coup de soleil
Date : 08/06/2012 - 17 h48

SIGNALÉ
à l’attention personnelle
de Madame Laurence Théry
Maire du Touvet
700, Grande Rue
38660 Le Touvet

Paris, 8 juin 2012.

Madame le maire,

Le numéro de ce 8 juin 2012 du journal L’Humanité comporte, en sa dernière page, un article sur les attaques dont les valeurs de la République pourraient être l’objet dimanche au Touvet (cf. première pièce jointe).
Mis en place avec succès, hier, à Perpignan (Pyrénées-Orientales), le double dispositif d’interdiction - préfectorale et municipale - de rassemblement autour et à l’intérieur du cimetière s’impose au Touvet : votre commune doit cesser d’être le théâtre de scènes de diffamations et injures publiques à la mémoire d’un fonctionnaire de l’État reconnu Mort pour la France à titre militaire.
Le quotidien indique que le choix de la date de l’hommage à Claude Piegts prévu cette année ne doit rien au hasard. À la lecture de la seconde pièce jointe, vous constaterez qu’en effet, ce type de manifestation est habituellement programmé le 1er dimanche de juin : la dimension éminemment politique de l’événement, coïncidant avec le premier tour d’élections nationales, est suffisamment transparente pour appeler des mesures appropriées de votre part, non sans le soutien, notamment, de M. François Brottes, qui se présente comme "le député qui ne lâche rien" !
L’Humanité aujourd’hui et Le Canard enchaîné avant-hier ont dénoncé le fait que, depuis 2005, des légionnaires déserteurs et autres activistes civils étaient parvenus à valoriser leurs antécédents terroristes auprès de la représentation nationale et du gouvernement pour en obtenir distinctions honorifiques et indemnisations. Le temps de la réhabilitation de l’OAS appartient au passé, celui de la primauté des principes républicains s’annonce : il importe que  vous y apportiez votre contribution en empêchant qu’éloge public soit fait du complice d’un crime de guerre parmi les plus odieux et les plus lâches commis au nom de l’OAS.
Je vous remercie de votre attention,
Et vous prie de recevoir, Madame le maire, l’expression de mes salutations.

Jean-François Gavoury
Président de l’Association nationale
pour la protection de la mémoire
des victimes de l'OAS (Anpromevo)

Mél : jfgavour@noos.fr
ou anpromevo@noos.fr

PS : C’est bien le 31 du mois de mai et non d’avril 1961 qu’a eu lieu l’assassinat du commissaire central d’Alger dont Claude Piegts s’est rendu complice.

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  L’HUMANITÉ – Édition 8-10 juin 2012

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  Article de presse 8-VI-2000

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Ces ex-terroristes décorés par l’Etat

par Jérôme Canard, Le Canard enchaîné du 6 juin 2012

D’anciens terroristes, ayant exercé leurs talents sur des Français et pris les armes contre la République, font l’objet d’étranges marques de reconnaissance. Ce paradoxe est dénoncé dans la lettre que vient d’adresser à la direction de l’Office national des anciens combattants et des victimes de guerre Jean-François Gavoury, fils du premier fonctionnaire assassiné, le 31 mai 1961, par l’OAS. A cette époque, et jusqu’en juin 1962, l’Organisation armée secrète a multiplié les meurtres, ciblés ou aveugles, au nom de l’Algérie française. Comme l’assassinat, au poignard, de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger.

Depuis plusieurs années, écrit son fils, l’Etat pratique « une politique de mémoire extrêmement discriminatoire ». Et d’évoquer la série de décorations récemment attribuées à ces anciens extrémistes coloniaux. En 2006, « le lieutenant déserteur Michel Alibert, premier chef de l’OAS à Constantine », reçoit la Légion d’honneur. En avril 2007, la même distinction est accordée à « l’ancien sergent déserteur Gérard Baudry », jadis poursuivi par la justice pour ses exploits en Algérie.

Nouvelle décoration décernée, en mai 2011, au « sous-lieutenant déserteur Jean-François Collin, président d’une association d’anciens condamnés et détenus de l’OAS », lui aussi persécuté par les magistrats républicains. Pour sa remise de ruban, Collin avait choisi le cimetière de Marignane, où a été érigée une stèle à la mémoire des fusillés de l’Organisation. Dans son discours, le récipiendaire a dédié « cette croix à tous les combattants de l’OAS morts les armes à la main ou fusillés par le plus grand traître de l’Histoire de France » [1]. Un hommage respectueux à Mongénéral.

Dernier décoré, en novembre 2011, Hélie Denoix de Saint Marc. Pour Gavoury, son passé de résistant, de déporté puis de combattant en Indochine ne peut faire oublier qu’il a entraîné le régiment étranger de parachutistes dans le putsch de 1961 [2].

Mais les bonnes manières ne s’arrêtent pas là. L’Etat a aussi permis aux anciens de l’OAS de reconstituer leur retraite pour les périodes clandestines durant les quelles ils n’avaient pu cotiser... Grâce à une loi de 2005, ils ont déposé devant la Commission de l’indemnité forfaitaire — où siège un ex-chef de l’OAS d’Oran — plusieurs centaines de dossiers. « Cette mesure, évaluée à 800 000 euros, profitera à 67 terroristes ayant dû s’exiler pour échapper à la justice, conclut Gavoury. Pour certains, la gratification atteindra le montant — non soumis à l’impôt — de 30 000 euros. »

Depuis de Gaulle, qui avait fait voter en juin 1968 une loi d’amnistie, jusqu’à Sarkozy, chaque président a participé à l’adoucissement du sort des ex-OAS : Giscard avait imposé une loi d’amnistie complémentaire ; Mitterrand avait facilité la « reconstitution de carrière » des anciens parachutistes, etc. Preuve que, même pour les anciens manieurs de bombe ou de poignard, la pénibilité du métier peut être prise en compte.

 

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 ttp://www.algeriepatriotique.com/article/l-oas-divise-la-france-50-ans-apres-l-independance-de-l-algerie-0 ]

 

L’OAS divise la France cinquante ans après l’indépendance

Article | 8. juin 2012 - 17:10

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Les nostalgiques de l’Algérie française. D. R.

Les nostalgiques de l’Algérie française vont rendre hommage à Claude Piegts et autres criminels de l’OAS lors d’une manifestation publique dimanche à Isère, dans le département Rhône-Alpes, en France. Co-organisée par l’association d’anciens activistes Adimad, la Fédération nationale des rapatriés (FNR) et la Maison des réfugiés, cette manifestation a suscité de vives réactions de la part des familles des victimes de cette organisation criminelle qui était contre l’Indépendance de l’Algérie. Parmi ces victimes, Jean-François Gavoury, fils de Roger Gavoury, commissaire central d’Alger assassiné le 31 avril 1961 poignardé à son domicile par les sinistres commandos Delta dont faisait parti Claude Piegts. Ulcéré par l’annonce de cet événement par l’extrême droite française, Jean François Gavoury a vite alerté par écrit la maire socialiste du Touvet, Mme Laurence Théry, qui n’a pas daigné lui répondre. Dans un courrier datant du 6 juin, il interpelle Eric Le Douaron, préfet de l’Isère, en lui demandant simplement d’interdire cette manifestation. «Comme la tombe même de Claude Piegts, revêtue d’une plaque de l’Adimad l’érigeant en héros et martyr de l’OAS («On pense à lui sans cesse», lit-on sur l’épitaphe), le rassemblement envisagé dans le périmètre de sa sépulture ne peut avoir d’autres conséquences que de porter gravement atteinte à la mémoire de mon père, Roger Gavoury, commissaire central d’Alger tombé, victime du devoir, et à l’honneur des membres de ma propre famille, comme, à travers eux, à l’ensemble des veuves et descendants de victimes de l’OAS», souligne-t-il dans sa missive. Et, au-delà des risques de troubles à l’ordre public inhérents à une manifestation «aussi offensante à l’égard des quelque 2 700 civils et militaires tombés il y cinquante ans sous les coups d’un véritable syndicat du crime», M. Gavoury craint de fortes contestations en raison du contenu politique et propagandiste d’une telle action décriée par les anciens combattants de l’armée coloniale. Les nostalgiques de l’Algérie française ont tenté, jeudi à Perpignan, le même coup électoraliste à deux jours du 1er tour des législatives françaises. Sans y parvenir. La manifestation a été interdite par un arrêté préfectoral évoquant le «risque sérieux et grave de troubles à l'ordre public». La préfecture de l’Isère va-t-elle laisser se dérouler cette manifestation en éloge à l’action criminelle de Claude Piegts ? En tout cas, ce n’est pas le souhait des victimes de l’OAS.

Sonia S.

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http://www.lematindz.net/news/8334-danciens-terroristes-de-loas-rehabilites-et-decores-en-france.html

Qui ne connaît l’OAS, cette organisation criminelle qui a semé la mort et la terreur dans les rues d’Alger, d’Oran et d’autres villes d’Algérie entre 1961 et 1962 ?

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Plaque commémorative pour les tueurs de l'OAS.

Les anciens de l’Organisation armée secrète est manifestement toujours active en France. Ils ont même la cote dans certaines régions du sud, là justement où l’on retrouve en nombre les ultras pieds-noirs. Et en l’espèce, les clins d’œil aux nostalgiques de "l’Algérie française" de la part d’une certaine classe politique de la droite se sont multipliés ces dernières années. Pour des raisons électoralistes pour certains mais aussi idéologiques pour beaucoup d’autres. 

La preuve ? Après le monument de Marignane, d’anciens terroristes ayant assassiné Français et Algériens sont réhabilités un par un à travers des reconnaissances officielles. Le dernier décoré en date, en novembre 2011 par Nicolas Sarkozy, est Hélie Denoix de Saint Marc. Mais le processus se poursuit avec les derniers survivants.

Ainsi, ces derniers jours c’est Jean-François Gavoury, Président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire des victimes de l’OAS (Anpromevo) et fils du premier fonctionnaire assassiné par l’OAS qui monte au créneau pour dénoncer les commémorations et autres décorations pour les anciens tueurs de cette organisation criminelle. Le dernier courrier en date de Jean-François Gavoury est adressé au préfet de l’Isère (sud de la France) où il dénonce l’hommage public au terrorisme de l’OAS.

Il prévient "à Perpignan, en effet, un éloge de l’action criminelle de Claude Piegts et du sergent déserteur Albert Dovecar était également prévu, demain (jeudi, ndlr), sous la forme d’un rassemblement devant le cimetière du Haut Vernet suivi de cortège et prise de parole autour d’une stèle érigée en l’honneur et à la gloire des fusillés tombés pour le maintien de l’Algérie française". Plus loin, il s’élève contre "la cérémonie faussement patriotique que d’anciens factieux, ennemis déclarés de la République, ont envisagée devant la sépulture de Claude Piegts, complice de l’assassinat d’un commissaire de police Mort pour la France".

Ce fils de victime de l’OAS interpelle le préfet pour interdire ces manifestations de réhabilitation des terroristes. Ce syndicat du crime écrit Gavoury a tué 2.700 civils et militaires tombés il y cinquante ans. Sans oublier les milliers de civils algériens lâchement assassinés par les tueurs du commando Delta. 

Le processus de réhabilitation de ces terroristes dont certains avaient tenté d’assassiné le chef de l’Etat français à l’époque a commencé il y a pas mal de temps. Charles De Gaulle lui-même, dans un geste d’apaisement, avait amnistié en 1968, les membres de cette organisation. Après lui, Valéry Giscard d’Estaing avait pondu une loi d’amnistie complémentaire. Mieux encore : François Mitterrand avait facilité la reconstitution de leur carrière militaire. Le dernier, Nicolas Sarkozy a décoré Saint Marc, l’un des chefs parachutistes qui avait participé à la tentative de putsch de 1961. Cinquante ans après la fin de la guerre, la France n’a pas fini avec ses démons.

Sofiane Ayache

 

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