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Commémoration du 19 mars 1962 :

Le silence de la France officielle

 

 

Écrit par Hakim KATEB (L'Expression)   

Il existe en France plus de 4000 rues, places ou boulevards portant la dénomination du «19 Mars 1962».

La France officielle continue de cultiver l’art de la déformation de l’Histoire. Sinon, comment explique-t-on le fait que 49 ans après les Accords d’Evian, mettant fin à la Guerre d’Algérie, le gouvernement français refuse encore de reconnaître, officiellement, la date du 19 Mars 1962 ?

 

En Hexagone, la date officielle de la journée nationale de l’hommage aux morts pour la France pendant la Guerre d’Algérie et les combats au Maroc et en Tunisie, coïncide avec le 5 décembre de chaque année. Pourtant, cette date est dénuée de toute signification historique. Elle ne correspond en fait qu’à celle de l’inauguration par le président français, Jacques Chirac, du Mémorial national du quai Branly à Paris, le 5 décembre 2002. En dépit de cet état de fait, certaines associations françaises commémoreront tout de même le 19 Mars 1962, date qui reste indélébile dans la mémoire algéro-française. Une illustration parfaite est celle de l’ARAC (Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre) qui appelle l’ensemble de ses adhérentes et adhérents, «tous les pacifistes, tous les partisans de l’amitié et de la solidarité avec le peuple algérien, à être dans l’unité, massivement présents aux cérémonies commémoratives du 49e anniversaire du 19 Mars 1962». En effet, cette association estime qu’en agissant ainsi, elle entend contribuer au développement de la solidarité et de la coopération entre les peuples de France et d’Algérie. «Cette reconnaissance permettra une prise en considération des faits réels qui ont marqué ce conflit, levant ainsi nombre d’obstacles qui s’opposent à cette solidarité et à cette coopération» lit-on dans le communiqué. Aussi, l’ARAC ne manque pas, par-là même, de dénoncer la loi du 23 février 2003 qui, «affirme la volonté officielle de faire disparaître la commémoration du 19 Mars 1962 au bénéfice d’un 5 décembre sans attache historique avec la guerre d’Algérie». Par ailleurs, l’Association républicaine des anciens combattants et victimes de guerre, estime que cette loi tend à réhabiliter un colonialisme «qui ne peut que favoriser les résurgences des nostalgiques, du fascisme, des criminels de la sinistre OAS qui relèvent la tête et glorifient par stèles les assassins justement châtiés par la justice républicaine». Une autre association, portant les mêmes revendications, vient de se joindre à l’ARAC. Il s’agit de la FNACA (Fédération des Anciens Combattants d’Afrique du Nord), qui n’a de cesse de demander à ce que la date du 19 mars 1962 soit institutionnalisée comme journée nationale du souvenir et du recueillement à la mémoire des victimes de la Guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. Selon cette fédération, il existe aujourd’hui en France plus de 4000 rues, places ou boulevards portant la dénomination du «19 Mars 1962». Ceci atteste en effet, d’un certain désaccord qui caractérise la scène politique française quant à cette date d’une haute signification historique aussi bien pour la mémoire algérienne que française. Il est aujourd’hui, plus que jamais nécessaire aux autorités françaises de reconnaître, officiellement, cette date qui, pour les Français, commémore la fin de la guerre d’Algérie, et la fin de la nuit coloniale pour le peuple algérien.

Source : Journal L'Expression.

La fille de Krim Belkacem regrette le fait que la commémoration de la Journée nationale de la victoire en Algérie passe inaperçue depuis des années.

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Maquisard infatigable et stratège redoutable, Krim Belkacem a le mérite d’avoir mené une guerre et signé la paix.

«Mon père n’était pas un homme de compromis, il ne voulait que l’indépendance du pays»

Mais savez-vous pourquoi l'Algérie fête son indépendance le 5 juillet ? et non le 19 mars !!!

 

Tout d'abord, après la révolution du peuple algérien, c'étaient Les accords d’Évian menés par les représentants de la France et du Gouvernement Provisoire de la République Algérienne (G.P.R.A). Ces accords ont été conclus le 18 mars 1962 et le cessez-le-feu a été proclamé le lendemain, le 19 mars 1962 

Ensuite, le 8 avril 1962 et pour approuver les décisions des accords d'Evian par le peuple français, un référendum a été organisé, c'était Le référendum du 8 avril 1962.

Les français on voté OUI à la question: « Approuvez-vous le projet de loi soumis au peuple français par le président de la République et concernant les accords à établir et les mesures à prendre au sujet de l'Algérie sur la base des déclarations gouvernementales du 19 mars 1962 ? »

OUI: 91,23 %
NON: 9,19 %

Sources: Résultat du referendum du 8 avril 1962 / Le Conseil Constitutionnel Français

 

Apres vient Le référendum du 1er juillet 1962: Les algériens ont voté OUI pour la question: «Voulez-vous que l'Algérie devienne un Etat indépendant coopérant avec la France dans les conditions définies par les déclarations du 19 mars 1962 ?»

 

OUI: 99,72 %
NON: 0,28 %

Source: Résultat du referendum du 1er juillet 1962

 

Le 3 juillet 1962: Déclaration du président de la République Française Charles de Gaulle pour annoncer l'indépendance de l'Algérie.

Le 4 juillet 1962: Ahmed Ben Bella s'installe à Alger pour remplir les fonctions de président.

 

Le 5 juillet 1962: est désormais La Journée nationale de célébration de l’indépendance de l’Algérie. Ainsi les algériens ont patienté encore deux jours pour laisser libre cours à leur joie car le 5 juillet coïncide avec une autre date très importante et hautement symbolique, c'est la prise d'Alger le 5 juillet 1830

 

Le fait d'apprendre que:

·       De 1830 au 9 décembre 1848 : l'Algérie était considérée comme une colonie française ;

·       Du 9 décembre 1848 à 1962 : l'Algérie était considérée comme une partie intégrante et inséparable du territoire français, dénommée sous le nom d'Algérie Française ;

- Alger était le département français # : (91)
- Oran était le département français # : (92)
- Constantine était le département français # : (93)
- Le Sahara (Grands désert) ou les territoires du sud étaient le département français #: (94)


Le fait d'apprendre que notre drapeau (du moins imposé pour certains, choisis par d'autres) était le tricolore bleu, blanc, rouge ;

 

drapeau-france.gif


Le fait d'apprendre que toute une génération de français et d'européens n'ont connu que l'Algérie (l'Algérie française) comme un pays et une patrie ;

FRONT_-1.JPG

 


Le fait de voire l'architecture française grandiose à la parisienne des grandes villes algériennes, construite par la France qui a cru rester en Algérie pour toujours ;

Le fait d'apprendre que la France a laissé derrière elle un pays qui flotte sur une mer de pétrole et de gaz ;

Tout cela nous fait apprendre que l'indépendance de l'Algérie n'était pas vraiment un choix français.  Et là, viennent les innombrables sacrifices du peuple algérien qui a donner a ce peuple le droit d'exister, de parler sa langue et de pratiquer sa religion, et de se déplacer dans sa terre librement.

Il est vrai que le peuple français s'est construit une deuxième patrie en Algérie, et que beaucoup de français ont vécu leurs plus beaux jours en Algérie, et il n'avait que l'Algérie comme passé, présent et futur. Leur exode massif en 1962 était un parmi les plus terribles de l'histoire. Mais en parallèle un monde de misère et de pauvreté a rongé les premiers habitants de cette terre, marginalisés et hautement dévalorisés devant l’inégalité qui a perduré plus d'un siècle. Les deux peuples algérien et français ont souffert avant et pendant la révolution algérienne 1954-1962. L'Algérie Algérienne était la seule solution.

 

Publié par Mehdi BENHENIA 

  

Tag(s) : #Associations
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