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http://www.myboox.fr/actualite/guerre-d-algerie-la-verite-sur-la-mort-de-maurice-audin-revelee-dans-un-livre-ac-28730.htm

Dans La vérité sur la mort de Maurice Audin (Éd. des Equateurs), le journaliste Jean-Charles Deniau entend lever le voile sur l’un des derniers grands mystères de la guerre d’Algérie : Maurice Audin serait bien mort sous des balles françaises.

C’est l’une des dernières grandes inconnues de la guerre d’Algérie : le 11 juin 1957, le jeune mathématicien communiste Maurice Audin était arrêté et torturé par l’Armée française avant de disparaître mystérieusement.

Le général Aussaresses parle enfin


Alors que sa famille tente depuis d’obtenir la vérité et que l’armée française campe depuis 50 ans sur sa version officielle - Maurice Audin se serait évadé de prison – le journaliste Jean-Charles Deniau  publie La vérité sur la mort de Maurice Audin. Dans ce livre à paraître le 9 janvier aux éditions des Equateurs, l’auteur a recueilli le témoignage du général Aussaresses, ancien chef des renseignements pendant la guerre d'Algérie et mort en décembre 2013.

Maurice Audin exécuté sur ordre

du général Massu


Ce dernier y reconnaît pour la première fois que c'est bien lui qui, sur ordre du général Massu et avec l’assentiment du pouvoir politique, a fait liquider le jeune mathématicien communiste en 1957 : "Ça a été très difficile de le faire parler, confie Jean-Charles Deniau sur France Inter en insistant sur la force et le crédit de ce témoignage : La facilité pour lui aurait été s’en tenir à la thèse officielle, la plus souvent avancée : celle de l’évasion ou celle d’une crise cardiaque pendant une séance de torture, c’était un échappatoire facile pour lui."

"Le général Ausseresses n’est pas crédible"

Après avoir fait part de sa surprise quant à la publication de ce livre dont elle ignorait l’existence et du fait qu’elle ne cautionnait pas cette entreprise, la veuve de Maurice Audin, Josette Audin est revenue au micro de Patrick Cohen sur les révélations du général Ausseresses : "Le général Ausseresses a passé sa vie à mentir quand il ne la passait pas à tuer des Algériens. Comment croire, dans ces conditions qu’il a pu dire la vérité? Selon moi, ces gens ne sont pas crédibles (…) C’est bien que le général ait dit sa vérité mais c’est seulement SA vérité. Ce n’est pas forcément LA vérité. Cette vérité, la saura-t-on un jour ? Je suis sceptique à ce sujet."

Reconnaître officiellement

la responsabilité de l’armée

Au-delà du cas de son mari, Josette Audin a par ailleurs appelé le président de la République, François Hollande, à condamner officiellement les tortures organisées par l’armée française pendant la guerre d’Algérie. Quant à Jean-Charles Deniau, il espère, malgré les réserves de Josette Audin, que ce livre permettra de reconnaître la mort de Maurice Audin - toujours officiellement porté disparu - et de lever ainsi un peu plus le voile sur les pratiques de l'armée pendant la guerre d'Algérie. 

O.S

Maurice Audin: la vérité, enfin !

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|  Par Vingtras

http://blogs.mediapart.fr/blog/vingtras/080114/maurice-audin-la-verite-enfin 

A écouter ce matin sur France Inter, Benjamin Stora et Jean-Charles Deniau évoquer la mémoire de Maurice Audin, j'avais les larmes aux yeux... Car j'avais brièvement rencontré ce jeune mathématicien au début de 1957 à Alger. Il savait que j'avais été l'ami d'Henri Maillot*, me faisait donc confiance et  nous échangeames nos points de vues sur la répression féroce que le général Massu dirigeait sans état d'âme pour mater la résistance animée par le FLN dans le grand Alger.

Il devait être arrêté peu après et sa disparition fit l'objet d'un certain nombre de mensonges officiels qui ne découragèrent ni les journalistes d'investigation ni les historiens.

Ainsi Jean-Charles Deniau qui confessa le général Aussaresses avant sa mort, put-il affirmer : "La mort de Maurice Audin n'est pas une bavure. C'est un crime d'Etat." Et l'historien Benjamin Stora de conclure : "Audin a été tué pour l'exemple car il fallait terroriser les européens qui pouvaient aider le FLN."

Nous savons donc enfin aujourd'hui, cinquante-six ans après l'événement, que le jeune homme a été froidement assassiné par les paras de la Xe DP, sur ordre de Massu, avec probablement l'assentiment tacite du général de Gaulle.

Je comprends maintenant pourquoi la Commission de censure cinématographique avait dans ses attendus de sa décision d'interdiction de mon film "Dreyfus ou l'intolérable vérité" (en 1974), écrit :" la comparaison de l'affaire Dreyfus avec la disparition de Maurice Audin est absolument fallacieuse et les allégations de Monsieur Daniel Mayer sans aucun fondement."

Maurice Audin, l'intolérable vérité.

* l'aspirant Maillot, cadre du Parti communiste algérien (comme Maurice Audin) avait livré un camion d'armes de récupération au FLN. Il sera arrêté, condamné à mort et fusillé en 1956. (un livre, intitulé "Le maquis rouge de l'aspirant Maillot" lui a été consacré par Serge Kastell. Il est paru aux éditions l'Harmattan)

Affaire Audin : les révélations
posthumes d’Aussaresses
sur un crime d'Etat

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20140108.OBS1684/affaire-audin-les-revelations-posthumes-d-aussaresses-sur-un-crime-d-etat.html 

Un livre à paraître jeudi 9 janvier dévoile les propos tenus par le général Aussaresses avant sa mort, sur la disparition de Maurice Audin en juin 1957.

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Maurice Audin (Sipa)

 

Sur le même sujet

 

L’un des derniers mystères de la guerre d’Algérie pourra-t-il être levé ? Saura-t-on enfin comment est mort Maurice Audin, professeur de mathématiques à l’Université d’Alger, arrêté et torturé par les parachutistes en juin 1957 et que personne n’a plus jamais revu vivant ? Dans les colonnes du "Nouvel Observateur", en mars 2012 (1), nous avions apporté des éléments nouveaux sur la disparition de ce jeune homme, âgé de 25 ans, père de trois enfants et membre du Parti Communiste Algérien (PCA). Nous avions en effet publié l’extrait d’un manuscrit du colonel Yves Godard, commandant de la zone Alger-Sahel au moment de la bataille d’Alger, l’une des périodes les plus noires de la guerre d’Algérie, durant laquelle des milliers de militants anticolonialistes - tous algériens à l’exception de Maurice Audin - ont "disparu".

Dans ce document inédit conservé jusque-là dans les archives de la Hoover Institution, à l’Université  Stanford, en Californie, et probablement écrit au début des années 70, le colonel Godard, décédé en 1975, indiquait que Maurice Audin ne s’était pas évadé, comme le veut la thèse officielle, mais avait été exécuté par un officier de l’armée  française. Il donnait également le nom de l'"agent d’exécution", pour reprendre ses termes : le sous-lieutenant Gérard Garcet, un ancien résistant, diplômé de Saint-Cyr, qui avait travaillé aux côtés du général Jacques Massu, le "chef de la police" à Alger, avant de rejoindre le groupe du commandant Paul Aussaresses, chargé des renseignements.

Or aujourd’hui, un livre à paraître jeudi 9 janvier, "La vérité sur l’affaire Audin" (Editions Les Equateurs), écrit par le journaliste Jean-Charles Deniau, déjà auteur d’un ouvrage d’entretien avec Aussaresses (2), va dans le sens de l'hypothèse de l’exécution par le sous-lieutenant Gérard Garcet. L’ouvrage est basé sur des révélations enregistrées faites à l’auteur par le général Aussaresses avant de mourir (il est décédé le 3 décembre dernier). Il indique que l’exécution aurait été ordonnée par Massu, au plus haut niveau de l’armée, donc, et organisée par l’équipe d’Aussaresses, en  précise  les circonstances (d’un coup de poignard), et donne l’endroit où le corps de Maurice Audin aurait été enterré : dans le jardin d’une villa à une vingtaine de kilomètres au sud d’Alger.

Quel crédit accorder à ces nouvelles révélations ? Aussaresses a souvent menti par le passé et ses propos ont toujours été sujets à caution. Il reviendra aux historiens de travailler sur la véracité de ces déclarations posthumes, de les conforter aux archives relatives à l’affaire Maurice Audin qui ont été récemment ouvertes par François Hollande et de réclamer au gouvernement la restitution par la famille Aussaresses des documents officiels encore en leur possession.  

Nathalie Funès - Le Nouvel Observateur

(1) Numéros du 1er mars 2012 (2469), puis du 22 mars (2472)

(2) "Je n’ai pas tout dit. Ultimes révélations au service de la France" (Editions du Rocher, 2008)

 

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