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epoisses

 

Pierre Goldstone

 (ADHERENT DE LA FNACA)

  décoré pour avoir participé

 aux premiers essais nuClEaires

français

 

Vétéran

de la bombe atomique

 Veteran-de-la-bombe-atomique.jpg

 

Jean-Pierre Rosa, président de la FNACA d’Epoisses, décore

 Pierre Goldstone. Photo LBP

Détaché dans le désert algérien, Pierre Goldstone a participé à deux expérimentations réalisées à Reggane au début des années 1960.

Anniversaire. Sur la volonté du général de Gaulle, la France se dota de l’arme atomique il y tout juste 50 ans, en 1960.

Appelés. Ceux qui participaient aux premiers tests étaient souvent des appelés du contingent âgés d’une vingtaine d’années.

Ceux qui sont décorés reçoivent habituellement leur médaille pour s’être frottés au feu de l’ennemi.

Hier à Epoisses, Pierre Goldstone a reçu la médaille d’honneur du vétéran pour avoir affronté le feu atomique.

De novembre 1960 à juin 1961, l’armée l’a envoyé à Reggane, la base du Sahara algérien qui servait de site d’expérimentation des premières bombes atomiques françaises.

Et il était aux premières loges : « J’étais de ceux que l’on envoyait au plus près du point zéro au moment de l’explosion », explique-t-il. Nous étions une trentaine et avions pour mission de faire des relevés de radioactivité. »

Le seul Bourguignon

Des hommes dotés, pour toute protection, de simples gants, de bottes, d’une combinaison blanches et d’un masque à gaz.

Et nullement avertis des risques sanitaires graves qu’ils encouraient. « Ils ont envoyé les simples appelés que nous étions pour servir de cobayes », s’indigne Pierre Goldstone.

Une accusation confirmée en début d’année, dans un « rapport sur les essais nucléaires français » rendu public.

Il y est indiqué que le fait de positionner des soldats, engagés et appelés, près du point d’explosion devait permettre « d’étudier les effets physiologiques et psychologiques produits sur l’homme par l’arme atomique ».

Entre l’explosion atmosphérique de Gerboise bleue, la première bombe française, le 13 février 2010, et le déclenchement de la quatrième, baptisée Gerboise verte, le 25 avril 1961, plusieurs dizaines de personnes auraient été délibérément exposées aux retombées des essais menés à Reggane.

Comme des pestiférés

D’après les recherches entreprises par la FNACA, Pierre Goldstone est le seul de ses 5200 adhérents bourguignons à avoir participé à ses essais « J’ai assisté aux deuxième et troisième essais à quelques centaines de mètres seulement, raconte M. Goldstone ».

« Suffisamment près pour sentir le souffle de l’explosion et être recouvert de sable. Juste après, nous prenions notre véhicule pour nous rendre au pied du pylône au sommet duquel venait d’exploser la bombe. Le sable avait été transformé en verre par l’intense chaleur du feu atomique. »

De retour à la base, les hommes qui avaient été envoyés près du “point zéro” étaient traités comme des pestiférés: « Nous étions directement envoyés à la douche et encadrés par des militaires en combinaison », se souvient le vétéran des premiers essais atomiques français.

A son retour d’Algérie, Pierre Goldstone passera sept mois à l’hôpital militaire de Dijon, où il sera soigné pour troubles psychologiques : « Ces quelques mois ont bouleversé ma vie ; pendant des années, je me suis senti déprimé et fatigué. La nuit, je faisais des cauchemars d’apocalypse. » Des « troubles » qui lui valent depuis une pension d’invalidité, contrairement à l’artérite chronique dont il souffre qui lui a valu une quinzaine d’opérations et la menace d’être à chaque fois amputé des jambes.

Le 10 mai dernier, il a subi une ablation du larynx, atteint d’une tumeur. « Le médecin colonel m’a dit qu’elle s’expliquait par le fait que j’avais trop fumé », note M. Goldstone, qui dit ne pas en vouloir à la France. « Je suis fier d’avoir servi mon pays », conclut-il.

David Régazzoni d. regazzoni@lebienpublic.fr

 

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