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monument af 22juil2010-faed4

 

Une lettre commune de nos amis

 Jean-François Gavoury

 et du Docteur Jean-Philippe Oul Aoudia 

 

Monsieur le préfet,

 Ce jeudi, sur l'antenne de RMC, entre 7 h 26 et 7 h 47, M. Jean-Jacques Bourdin a interviewé le secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants.

 Le journaliste, en conclusion de l’entretien, a posé la question suivante à M. Hubert Falco : "Dans un cimetière de Marignane, il y a une stèle en hommage aux combattants tombés pour que vive l’Algérie française. Est-ce acceptable que l’on rende hommage à ceux qui ont combattu le pouvoir dans les rangs de l’OAS ?"

Cliquez sur le lien ci-dessous pour écouter le ministre :

(à signaler qu'Hubert Falco

s'exprime en fin d'émission de RMC il faut donc un peu de patience,

 mais ça vaut le coup)

 La réponse, embarrassée (cf. : http://podcast.rmc.fr/channel30/20101111_bourdin_2.mp3), du maire de Toulon a été en substance la suivante : "Dans tout conflit, dans toute guerre, il y a des excès et des passions. Nous, on est là pour réconcilier les mémoires. Il est temps de réconcilier les mémoires. Je ne connais pas ce monument. Si la stèle est contraire à l’esprit républicain et à l’idée que nous nous faisons de la France, elle n’a pas à être là. Il y a un pouvoir local à Marignane : il y a un maire, il y a un conseil municipal qui gère le cimetière, et c’est au pouvoir local à prendre les décisions qui s’imposent. L’État est là, par l’intermédiaire du préfet, pour veiller à ce que la République s’impose, dans les cimetières comme ailleurs.".

Prenant acte de ce propos, nous en appelons à votre autorité, au nom des familles de victimes de l'OAS, pour que "la République s'impose" en particulier à Toulon, où "le pouvoir local" à son plus haut niveau a pu décider de l'éclairage de nuit, par les trois couleurs de notre drapeau national, d'un monument érigé, sur la voie publique (porte d’Italie), à la gloire des "Martyrs de l'Algérie française" : les martyrs qu’il s’agit d’honorer là sont, en réalité, d’anciens déserteurs, putschistes, responsables de milliers de crimes et attentats commis en 1961 et 1962, en Algérie et en France, ayant fait 2.700 victimes militaires et civiles, parmi lesquelles des élus, des magistrats, des fonctionnaires, des enseignants, des représentants des forces de l’ordre, reconnus pour certains "Morts pour la France".

Les principes républicains sont également bafoués lorsque le maire du chef-lieu du département dans lequel vous représentez l’État fleurit ledit monument dans le cadre de la célébration, par les anciens activistes de l'OAS, de l'anniversaire de manifestations insurrectionnelles (telles que celle du 26 mars 1962 à Alger).

Nous vous remercions de votre attention et, par avance, des dispositions que vous voudrez bien prendre pour que le maire de Toulon, conformément aux préconisations qu’il formule au nom du Gouvernement, apporte sa contribution à la réconciliation locale des mémoires ainsi qu’à l’exemplarité républicaine, soit en retirant le monument en question de l’espace public, soit en modifiant le message révisionniste dont il est porteur.

 Soyez assuré, Monsieur le préfet, de notre parfaite et respectueuse considération.

Jean-François Gavoury

président de l’ANPROMEVO

  
Jean-Philippe Ould Aoudia

président de l’association

 Les amis de Max Marchand,

 de Mouloud Feraoun

 et de leurs Compagnons

 

- à l’attention personnelle de Madame Geneviève Levy

Députée du Var

Première Adjointe au Maire de Toulon -

 

Paris, le 12 novembre 2010 [13 h 23].

 

Madame la députée,

 

Un imposant monument, de plus de deux mètres de haut sur six mètres de large, a été érigé, il y a trente ans, porte d’Italie à Toulon, pour rendre "hommage à ceux qui voulaient conserver un empire à la France" et pour honorer, en particulier, la mémoire de ceux qui, en 1961-1962, au nom du maintien de la présence coloniale française en Algérie, avaient tenté de renverser la République par le putsch et le crime organisé.

 

Un cénotaphe de même inspiration, élevé en juillet 2005 dans un cimetière de Marignane, en a été retiré il y a deux ans, sur décision du tribunal administratif de Marseille confirmée par la Cour administrative d’appel de cette même ville. Cette stèle pourrait cependant être prochainement réinstallée sur son emplacement d’origine à l’initiative du maire de Marignane. Ce projet a valu à M. Hubert Falco d’être interpelé hier matin, par un journaliste de RMC, sur le bien-fondé d’éloges visant ceux qui ont combattu le pouvoir dans les rangs de l’OAS.

 

Parce que la réponse du secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants nous est apparue transposable à Toulon, le Dr Jean-Philippe Ould Aoudia, président de l’association "Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons" et moi-même avons sollicité l’intercession du préfet du Var.

 

Tel est l’objet du courriel dont nous l’avons rendu destinataire hier en fin de soirée et que je crois devoir soumettre à votre lecture (cf. infra). Sans doute, en effet, à deux ans de la célébration du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie, n’est-il pas trop tard pour que la municipalité de Toulon envisage une réflexion sur la place, dans l’espace public, d’un monument dont le message est en contradiction manifeste avec toute démarche de réconciliation mémorielle.

 

Au nom des familles de victimes de l’OAS, je vous remercie par avance de votre intervention en ce sens auprès du maire et de l’ensemble de vos collègues du conseil municipal.

 

Recevez et acceptez, Madame la députée, l’expression de mes respectueux hommages.

 

Jean-François Gavoury

 

- à l’attention personnelle de Monsieur Philippe Vitel

Député du Var

Vice-Président du Conseil général -

 

Paris, le 12 novembre 2010 [13 h 55].

 

Monsieur le député,

 

Un imposant monument, de plus de deux mètres de haut sur six mètres de large, a été érigé, il y a trente ans, porte d’Italie à Toulon, pour rendre "hommage à ceux qui voulaient conserver un empire à la France" et pour honorer, en particulier, la mémoire de ceux qui, en 1961-1962, au nom du maintien de la présence coloniale française en Algérie, avaient tenté de renverser la République par le putsch et le crime organisé.

 

Un cénotaphe de même inspiration, élevé en juillet 2005 dans un cimetière de Marignane, en a été retiré il y a deux ans, sur décision du tribunal administratif de Marseille confirmée par la Cour administrative d’appel de cette même ville. Cette stèle pourrait cependant être prochainement réinstallée sur son emplacement d’origine à l’initiative du maire de Marignane. Ce projet a valu à M. Hubert Falco d’être interpelé hier matin, par un journaliste de RMC, sur le bien-fondé d’éloges visant ceux qui ont combattu le pouvoir dans les rangs de l’OAS.

 

Parce que la réponse du secrétaire d’État à la défense et aux anciens combattants nous est apparue transposable à Toulon, le Dr Jean-Philippe Ould Aoudia, président de l’association "Les amis de Max Marchand, de Mouloud Feraoun et de leurs Compagnons" et moi-même avons sollicité l’intercession du préfet du Var.

 

Tel est l’objet du courriel dont nous l’avons rendu destinataire hier en fin de soirée et que je crois devoir soumettre à votre lecture (cf. infra). Sans doute, en effet, à deux ans de la célébration du cinquantenaire de la fin de la guerre d’Algérie, n’est-il pas trop tard pour que la municipalité de Toulon envisage une réflexion sur la place, dans l’espace public, d’un monument dont le message est en contradiction manifeste avec toute démarche de réconciliation mémorielle.

 

Au nom des familles de victimes de l’OAS, je vous remercie par avance de votre intervention en ce sens auprès du maire, au côté – je l’espère – du représentant de l’État dans le département. .

 

Veuillez agréer, Monsieur le député, l’expression de mes sentiments très distingués.

 

Jean-François Gavoury

 

 

 

  

 

 

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