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Époisses

Jean Lécrigny quitte ses fonctions

départementales

 et nationales

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Ils étaient près de soixante-dix adhérents et sympathisants à avoir répondu à l’invitation du comité FNACA local qui a tenu son assemblée générale annuelle à l’espace de Rencontres et de Loisirs.

C’est en présence de Jean Lécrigny, président départemental et vice-président national de la FNACA, de Marc Patriat, conseiller général qui rejoindra le comité à son retour du congrès des maires et de Patrick Legouard, maire de Montberthault, que Jean-Pierre Rosa a conduit les travaux.

Après avoir fait observer un instant de recueillement en mémoire des membres disparus en cours d’année, le président, par l’intermédiaire de la secrétaire Annick Rosa, a succinctement rappelé la dernière assemblée générale avant d’entamer une rétrospective détaillée des activités passées. Le président s’est félicité de constater que malgré le vieillissement des membres du comité, l’ensemble des missions qu’ils se sont donnés sont assurées.

Jean Lécrigny quitte ses fonctions

Jean Mucherl, trésorier, a présenté des résultats comptables sains, l’assemblée a donc donné quitus à l’unanimité au président pour sa gestion de l’association.

Pour le comité et son dynamique président, l’année qui se profile sera conforme aux précédentes avec la traditionnelle galette des Rois en janvier 2011, l’incontournable commémoration du 19 mars 2011, précédée le 5 mars 2011, par l’inauguration d’une stèle offerte par Michel Bravin. Une visite du vieux Dijon et deux haltes dédiées à Bacchus sont prévues au mois de mai 2011.

Au terme des travaux, Jean Lécrigny a informé l’assemblée de sa décision de ne pas renouveler ses mandats départementaux et nationaux. Souhaitant se consacrer à la mémoire de cette guerre qui ne voulait pas dire son nom, il a décidé de monter une exposition qu’il espère pouvoir présenter un jour à l’espace Rencontres et Loisirs.

Propos entendus par Jean-Pierre Rosa qui, avant de remettre un souvenir de la production locale, s’est attaché à retracer les relations entretenues entre le comité local et le président départemental pendant de longues années.

Un grand merci Jean Lécrigny pour tout le travail accompli et les services rendus à la FNACA

Signe particulier : né en 1939. Une date, un destin ?

Jean Lécrigny est un homme réservé sur sa vie privée, intarissable sur sa carrière au service de l’armée.

Ses premiers souvenirs sont ceux de l’occupation allemande et de la libération de Dijon, le 11 septembre 1944.

«J’ai découvert le drapeau français à l’âge de 5 ans», se rappelle-t-il. «L’arrivée des Américains, la découverte du chocolat, du sucre…» Il s’en lécherait encore les babines… Sauf que quelques années plus tard, en 1957, un autre événement le marque : un copain d’école plus âgé que lui se fait tuer en Algérie. Un premier gros coup dur pour ce jeune homme : « La guerre, ça existe !»

Et la vie continue. Titulaire d’un brevet professionnel de dessinateur industriel, il entre dans la vie professionnelle au bureau des méthodes chez Parvex, fabricant de moteurs électriques à Dijon.

Le 2 mars 1959, il part à l’armée. Il a alors 20 ans et deux mois. Il est envoyé à Lons-le-Saunier (39), au Ier régiment de tirailleurs marocains. «Là, j’ai fait le peloton pour passer le concours d’entrée à l’école d’officier de réserve. J’ai été reçu brillamment», déclare-t-il, le sourire au coin des lèvres.

Puis départ, le 4 juillet 1959, destination Cherchell, en Algérie, où il fait six mois d’école. Il en sort aspirant de réserve, et est affecté chef de section au IIIe régiment de tirailleurs algériens.

«Je suis arrivé en petite Kabylie, à côté de Sétif, à mon premier poste, cote 936, je “pitonnais”. Je suis resté deux mois. » Avant d’être muté dans un commando de chasse. «Celui imaginé par Bigeard. Le but était de vivre comme les fellaghas. Nous étions devenus une vraie bande de rebelles à notre tour.»

L’Algérie, terre de souvenirs ancrés dans sa mémoire.

Le 2 juin 1960, lors d’une opération de ratissage, sa section est prise dans une embuscade à 2004 m d’altitude, dans le djebel Babor.

Le face à face avec les rebelles. Des tirs qui partent de partout. Un volume sonore impressionnant.

Le Dijonnais se rappelle de tous les instants ; il croyait qu’il y aurait des morts partout. Et pourtant, fort heureusement, il n’y eut aucun mort, aucun blessé.

Un autre souvenir, celui qui a conditionné sa carrière au service de l’armée : le 21 avril 1961, «le putsch d’un quarteron de généraux en retraite», dixit le général de Gaulle. Le coup de force des militaires a échoué.

«Je n’ai pas pu l’admettre. En tant que civil, il était impensable que l’armée s’empare du pouvoir. J’ai pensé qu’il fallait toujours des civils qui surveillent les militaires. Ça m’a déterminé à m’engager dans l’armée de réserve.»

Après 28 mois de service militaire, c’est la quille. Retour à Dijon, un 14 juillet.

Il reprend une activité professionnelle, va de ville en ville : Strasbourg (67), Decize (58), Saint-Florent-sur-Cher (18). Et pour des raisons familiales, il revient vivre à Dijon en 1974, adhère aux Randonneurs Dijonnais pour garder la forme et se vider l’esprit.

En 1984, il crée une entreprise, Aerogaine, à Dijon.

Et pendant tout ce temps, il poursuit son instruction d’officier de réserve, jusqu’à atteindre le grade de capitaine. «Un grade mythique pour moi. En Algérie, le capitaine était le père de la compagnie.»

Puis, sur les conseils d’un colonel, il prépare le concours d’entrée à l’Ecole supérieure des officiers de réserve spécialistes d’Etat-major (Esorsem). Il est reçu une fois de plus brillamment. «Au gré de l’ancienneté et des stages, je suis passé au grade de lieutenant-colonel.»

En 1996, atteint par la limite d’âge, il fait ses adieux aux armes après 37 années et demie passées au service de l’armée.

Il décide alors d’adhérer à une association d’anciens combattants. «J’ai choisi la FNACA, car elle compte majoritairement des appelés. Rapidement, je suis devenu président départemental.»

Et aujourd’hui, Jean Lécrigny a une motivation : «Continuer à faire reconnaître les anciens combattants, avec tous leurs droits.» «Quand je me promène à Dijon, je vois la faculté de droit, jamais celle du devoir. Nous, anciens combattants, avons fait notre devoir donc nous avons des droits qui demandent à être respectés.»

 

 

 

 

 

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