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De nombreux Vinzellois assistaient à cette cérémonie

  Photo M. M. (CLP)

Dimanche matin, au pied de la stèle érigée à la mémoire du lieutenant F. Dumont et du soldat L Grosjean, fusillés par les nazis en 1944, fut déposée une gerbe, en présence du colonel Mondange, des porte-drapeaux, des anciens combattants, du secrétaire de l'Anacr, des membres de la Fnaca, M. Guittat, président de l’Amicale du bataillon du Charolais et du maquis de Beaubery, rappela le déroulement de cette triste matinée.

M Trognot, maire insista sur le devoir de mémoire, pour ne pas oublier les atrocités de la guerre qui ont meurtri des milliers de familles. Il fit remarquer à l'assistance la mise en place d'un mât supportant le drapeau national, symbole de la République, souhaitant ainsi donner un caractère plus solennel au site des Cadots propice au recueillement et au souvenir. Puis se tournant vers Roger Vincent, président départemental des CVR, sur proposition du secrétariat aux anciens combattants, M.Trognot lui remit le diplôme d’honneur aux combattants de l’armée française 1939-1945 en reconnaissance de son action pour la France. Le chant des partisans et La Marseillaise clôturèrent cette cérémonie suivie d’un vin d’honneur au foyer rural.

Michel Moreau (CLP)

  

Qui était le Maquis de Beaubery ?

 

« Au printemps de 1943, l'Armée de l'Armistice avait été dissoute. Le S. T. O. (service du travail obligatoire) envoyait de force les jeunes Français travailler pour la « Grande Allemagne ». Persécutions, exécutions, déportations se multipliaient, cependant que la bataille de l'Afrique du Nord était pour tous les patriotes le gage d'une prochaine libération.

Ce  fut l'époque  de  la naissance de nombreux maquis. La Résistance préparait la campagne de Libération et de revanche et prenait sa forme militaire. En Saône-et-Loire, un petit groupe, composé d'éléments du 5* Dragons qui tenait autrefois garnison à Mâcon et de quelques hommes de la Résistance, organisa à Beaubery le premier maquis du département.

Le village de Beaubery est dans la montagne, hors des grandes voies de communication, dans une région très boisée Situé à proximité des centres industriels de Lyon, Saint Etienne, Roanne, Charlieu, Montceau-les-Mines, Le Creusot. Le maquis de Beaubery offrait un refuge aux réfractaires de ces villes traqués par les Allemands

Tactiquement aussi le maquis se trouvait à portée de plusieurs voies de communications importantes pour l'ennemi du canal du Centre et de l'ancienne ligne de démarcation

L'heure, le lieu étaient bien choisis pour l'action, le regroupement, le ravitaillement. Sous l'impulsion de ses premiers organisateurs le Commandant de Bellecombe, Monsieur Pagenel, architecte a Cormatin. l'Adjudant Meyer, Lucien Guillou. boulanger, et Maurice Trichard de Beaubery, ce maquis, le premier de Saône-et-Loire et peut-être le premier du centre de la France, se développa rapidement avec le concours de la plus grande partie de la population.
En juillet 1943, le Maquis de Beaubery comptait 150 hommes, dont la moitié avait été placée comme ouvriers agricoles dans les fermes de la région et l'autre moitié rassemblée dans une ferme isolée et inhabitée de Givry Près Beaubery.
Les cadres étaient fort peu nombreux, sept hommes constituaient le petit état major qui, sous les ordres du Commandant CLAUDE, devait assurer le commandement, la sécurité, l'instruction, le ravitaillement et la recherche d'armes pour ce groupe qui croissait régulièrement. L'armement était pauvre : un revolver et deux mousquetons, quelques vieux fusils français, trophées de 1914 ou épaves de 1940.
Ce n'est qu'en août qu'on obtint quelques armes parachutées : un fusil mitrailleur, des mitraillettes, des grenades et un peu d'explosif. L'armement était hétéroclite, les approvisionnements en munitions dérisoires, cependant, chacun avait une arme. Hommes et chefs prenaient confiance. Il restait un point noir : l'habillement. De nombreux maquisards avaient du fuir de chez eux en toute hâte avec fort peu de bagages. Déjà mal équipés par suite des restrictions dues à l'occupation, ils arrivaient au maquis en triste état vestimentaire. En été, en plein bois, les quelques paysans voisins regardaient avec étonnement cette bande de jeunes sauvages vêtus d'un slip ou d'un petit caleçon, les pieds nus ou chaussés de sabots, faire de l'exercice a travers prairies et taillis, assis en rond autour de leur chef dans quelque pré, écouter une « théorie ».
En automne, un « coup de main » exécuté sur les magasins d'habillement des Chantiers de Jeunesse à Cormatin permit de doter chaque homme d'une paire de brodequins, d'un peu de linge et du fameux blouson de cuir que les Allemands devaient considérer comme l'uniforme distinctif du Maquisard.
En hiver 43/44, le Maquis de Beaubery, repéré par les Allemands pour ses actions de sabotage, fut durement touché. De nombreuses arrestations eurent lieu. Affreusement torturés, deux de nos chefs avaient disparu. Mais dès qu'un homme disparaissait, un autre surgissait pour le remplacer. L'hiver fut terrible. Nos chefs entretenaient la flamme dans le Charollais. Mais courir la montagne en tous sens, par tous les temps, à pied ou à bicyclette, ne jamais coucher deux nuits de suite au même endroit, telle était notre vie.
Que de fois nous avons maudit cette radio de Londres et ses appels à la résistance et l'abandon dans lequel on nous laissait, sans argent, sans armes, sans secours : la foi, la ténacité, l'obstination de quelques hommes préparaient dans l'indifférence officielle, la résurrection de la France, à laquelle personne ne voulait encore croire.
Le 6 juin 1944, 250 hommes étaient prêts à rentrer en action. Des hommes de toutes conditions, agriculteurs et propriétaires, ouvriers et hommes de professions libérales, maquisards et réfractaires. Le Maquis de Beaubery a poussé des racines profondes en terre charollaise et de tous côtés il sort des hommes pour le relayer ou le renforcer. Il devient une unité du Bataillon du Charollais.

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Camarade, te souviens-tu

De nos débuts dans la forêt,

Nous étions alors six au plus

Qui voulions conquérir la paix ?

Camarade te souviens-tu

Des temps héroïques dans les bois

Où nous vivions terrés, reclus,

Comme des bêtes aux abois ?

Camarade, te souviens-tu

De tous nos combats côte à côte,

Où, dans une angoisse éperdue,

Nous avons vu tomber les nôtres ?

Camarade, te souviens-tu

De nos beaux espoirs d'autrefois.

Quand pour nous rien ne comptait plus

Car seule en nous, vivait la foi ?

Camarade, pour te souvenir,

Retourne-toi  vers  le passé,

Et pour édifier l'avenir,

N'oublie jamais notre amitié.


Source : Livret-souvenir

« Le Maquis de  Beaubery

et le Bataillon du  Charollais

 

 

 

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