Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Histoire. L’inauguration prochaine par Hubert Falco de la Fondation pour la mémoire de la guerre d’Algérie soulève quelques légitimes questions.

La Ligue des Droits de l’Homme s’interroge

 

  
   Si l’Etat se doit d’entretenir le souvenir des souffrances subies dans le passé par certaines catégories de population, surtout lorsqu’il en porte, comme ici, la responsabilité - c’est d’ailleurs ce que l’on nomme communément le devoir de mémoire -, toutes les actions menées pour y parvenir se doivent d’être frappées du sceau de l’irréprochabilité. Du moins, dans les intentions. Pour cela, toutes les conditions doivent être réunies pour essayer de parvenir à un maximum d’objectivité. Souci d’objectivité dont apparemment la Fondation pour la Mémoire de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie - prochainement inauguré par Hubert Falco aux Invalides - ne s’embarrasserait guère, selon la Ligue des Droits de l’Homme.

                            

Devoir de mémoire ou outil de propagande ?

   

Pour le secrétaire d’Etat aux Anciens Combattants, cette Fondation a, au contraire, vocation à devenir «  l’outil indépendant dont nous avons besoin, ici, comme de part et d’autre de la Méditerranée, pour parcourir ensemble ce chemin de mémoire, celui de toutes les mémoires, qui n’occulte aucune mémoire ! ». Alors, respect du devoir de mémoire ou outil de propagande ? Les arguments formulés par la LDH tendant à faire pencher la balance du côté de la deuxième hypothèse ne manquent pas. Elles méritent attention.

   Première remarque, plutôt pertinente : les fortes oppositions rencontrées par cette Fondation parmi les historiens et du côté algérien sont connues. Mais l’actualité amène à formuler de nouvelles questions, affirme la LDH.

   Pour commencer : «  Quel crédit accorder à une Fondation créée par un Etat qui a été incapable à ce jour de reconnaître son (implication première et essentielle (…) dans les traumatismes engendrés par la colonisation en Algérie) ? », s’interroge l’association. Elle rappelle également, pour développer les raisons de ses doutes, qu’après plus de 50 ans, la vérité sur la disparition de Maurice Audin n’a toujours pas été dite. Le traitement de cette affaire plongée volontairement aux oubliettes de l’Histoire, ne permet guère, c’est vrai, de fournir les gages nécessaires permettant d’espérer voir émerger, en l’état, un outil indépendant au service de la mémoire. Rappelons que ce mathématicien et militant contre la guerre d’Algérie, disparaissait en 1957 après avoir été arrêté par des militaires français. Dossier refermé « sans condamner les coupables ni reconnaître les faits : la torture et l’assassinat… »

   La non-reconnaissance de la responsabilité de l’Etat dans le traitement infligé aux harkis, ne permet pas non plus, selon l’association, d’apporter plus de crédit à cette entreprise.

   La Ligue des Droits de l’Homme s’interroge également sur l’ «opportunité » de confier la mise en place d’une telle Fondation à un homme politique qui n’hésite pas à faire régulièrement fleurir un monument d’hommage aux  «Martyrs de l’Algérie française». Oui, Oui ! Là, c’est bien de chez nous et d’Hubert Falco dont il est directement question.

A suivre…

                                                                                    Thierry TURPIN

 

le-monument.jpg

                                                                                                                   

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Associations
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :