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lundi 02 janvier 2012

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Pierre Frénée et Annie Pollet, deux enseignants retraités à l'origine de l'organisation de cette journée en hommageà Alfred Locussol.

À l'époque, l'affaire avait fait grand bruit. Alfred Locussol, fonctionnaire, était assassiné à Alençon par deux membres de l'OAS. Les divers partis de gauche lui rendent hommage le 4 janvier.

Le Parti communiste et divers mouvements de gauche rendent hommage à l'un des leurs « afin de matérialiser le souvenir d'Alfred Locussol, commente Pierre Frénée. Nous avons prévu une expo de documents à la salle Baudelaire le 4 janvier, de 14 à 18 h. De 18 à 20 h, nous organisons une table ronde avec historiens, chercheurs et des représentants des organisations qui appelèrent à manifester contre l'OAS après son assassinat. Tous les publics sont invités, bien sûr. Nous souhaitons rencontrer des témoins de cette époque. Qu'ils n'hésitent pas à nous contacter ».

L'affaire Locussol avait fait grand bruit à Alençon. Le 3 janvier, à l'heure du repas, alors qu'il déjeunait avec sa soeur, Alfred Locussol, fonctionnaire, est assassiné dans sa maison par un jeune homme qu'il vient de faire entrer dans son salon. Une voisine de Locussol a vu un jeune homme brun, très élégant, se diriger vers la gare. Il ne se soucie pas des cris de la soeur. Un indice qui n'échappera pas au commissaire principal René-Louis Quellec, appelé sur les lieux... À l'hôtel de Rouen, face à la gare, deux jeunes gens consomment une boisson avant de monter dans le train pour Le Mans. Le commissaire comprend vite qu'il s'agit très probablement des assassins.

Arrêtés dans la gare du Mans

Quellec, qui avait lui-même perdu un de ses amis, Roger Gavoury dans un assassinat par « un commando Delta » de l'OAS, prend l'affaire à bras-le-corps. Il alerte ses collègues du Mans. Les deux suspects sont arrêtés à la gare mancelle, moins de deux heures après l'attentat. Il s'agit de Paul Stephani, 25 ans, engagé dans l'OAS « sans condition » pour toucher 70 000 F par mois, à l'époque. C'est lui qui aurait tiré sur Locussol. Son complice, Robert Artaud, fils de bonne famille, intégriste catholique, accompagnait Stéphani. Ils sont armés et possèdent les papiers destinés au contact parisien de l'OAS d'Alger.

Les policiers découvrent également une liste de nombreux noms, tous communistes. Probablement des hommes à abattre. Grâce à ces documents, le contact parisien est arrêté : un ancien de l'armée qui a servi en Indochine et en Algérie. On découvre alors sa double identité : « capitaine de Régis » et « Yves Van den Bruke ».

La place Foch sous protection policière

Les deux hommes sont présentés le 9 janvier au juge d'instruction d'Alençon. Tous deux sont inculpés d'homicide volontaire. La place Foch est mise sous haute protection policière. Ils sont transférés à la maison d'arrêt de Rouen. Ils comparaissent devant la cour d'assises de l'Orne en juillet 1962. Stephani est condamné à 20 ans de réclusion criminelle, Artaud à 5 ans (ce dernier bénéficie d'une grâce présidentielle en avril 1966). Stephani est libéré en mars 1968.

 (aspollet@wanadoo.fr)

 

ALENCON_-_5-I-2012_-_Maison_Locussol_-1-.JPG

La maison où fut assassiné Alfred Locussol à Alençon au 13, avenue Wilson, à l'époque, au 27 aujourd'hui, la numérotation ayant évolué ALENCON_-_5-I-2012_-_Maison_Locussol_-2-.JPG

Alençon, 4 janvier 2012

  

Hommage à la mémoire de M. Alfred Locussol

assassiné par l’OAS le 3 janvier 1962 à Alençon

 

*

 

Communication du Comité vérité et justice pour Charonne

lue, en l’absence de Madame Huguette Azavant,

par Jean-François Gavoury, président de l’ANPROMEVO,

lors de la conférence organisée en salle de la Halle aux toiles à Alençon (Orne)

le mercredi 4 janvier 2012 (de 18 h 00 à 20 h 00)

en présence de M. Joaquim Pueyo, maire,

 

 

En tant que membre du Comité Vérité et Justice pour Charonne, pour des raisons personnelles, je ne peux participer à l’hommage rendu à Alençon, ce 4 janvier 2012, à Alfred Locussol, lâchement assassiné par les tueurs de l’OAS, il y a cinquante ans.

 

Dans la période actuelle, chargée d’incertitudes et d’inquiétudes, par la montée des populismes, source de tous les dangers, à l’heure où fleurissent les stèles dédiées à la mémoire de sinistres assassins, membres de l’OAS, et dont une partie de l’opinion voudrait faire des héros, où la tentation est grande de réécrire l’histoire, de nous démontrer les aspects positifs de la colonisation, alors que l’on sait que pour les peuples colonisés de l’Indochine à l’Algérie, en passant par l’Afrique, ce fut un long chemin de misère, de spoliations, de terreur, nous devons nous souvenir de toutes celles et ceux qui furent victimes directes ou indirectes de ces activités criminelles.

 

Alfred Locussol fut de ceux-là.

 

Expulsé d’Algérie essentiellement en raison de son appartenance politique, il fut parmi les cibles privilégiées de l’OAS, qui après avoir mis à feu et à sang l’Algérie tentait d’instaurer un climat d’insécurité et de terreur sur le territoire métropolitain, avec à terme l’application de son programme de gouvernement, d’inspiration authentiquement fasciste.

 

Pour l’OAS l’assassinat d’Alfred Locussol devait être un exemple.

 

Cinq semaines plus tard, neuf manifestants trouvaient la mort au métro Charonne à Paris. Ils étaient là pour crier « ASSEZ » suite à une série d’attentats survenus la veille, pour demander la Paix en Algérie et la mise hors d’état de nuire de l’OAS.

Le pouvoir en place tenta de se retourner contre eux.

 

Les responsables de ces massacres bénéficièrent des lois d’amnistie pour ceux qui furent arrêtés et condamnés ; d’autres ne furent jamais inquiétés.

 

Aussi dans notre dernier bulletin nous tenions à rendre hommage à Alfred Locussol et rappeler qui il était.

 

En nous associant à celui qui lui est rendu ce soir, à Alençon, nous lui dédions cette phrase de Pierre Paraf, dont nous avons fait notre devise :

 

« la pire offense que l’on peut faire aux victimes, c’est l’oubli »

 

 

                           Pour le Comité Vérité et Justice pour Charonne                                                                                                   Huguette AZAVANT

 

 

 

Hommage à la mémoire de M. Alfred Locussol

assassiné par l’OAS le 3 janvier 1962 à Alençon

*

Déclaration de Jean-François Gavoury,

président de l’Association nationale pour la protection de la mémoire

des victimes de l’OAS (ANPROMEVO),

lors de la conférence organisée en salle de la Halle aux toiles

à Alençon (Orne)

le mercredi 4 janvier 2012 (de 18 h 00 à 20 h 00)

en présence de M. Joaquim Pueyo, maire,

inspecteur territorial à la direction interrégionale

des services pénitentiaires de Rennes

 

 

Je suis présent ce soir à Alençon pour trois raisons au moins.

 

D’abord, parce qu’un hommage y est organisé à la mémoire du malheureux Alfred Locussol.

 

Ensuite parce que je me sens personnellement très proche de cet homme qui fut sans doute le premier fonctionnaire de l’État assassiné par l’OAS sur le territoire métropolitain : mon père avait été quant à lui, sept mois plus tôt, le premier serviteur de l’État républicain tombé sous les coups de cette même organisation terroriste en Algérie.

 

Enfin, je suis porteur d’un message qui est celui de l’association de victimes que je préside. Il s’agit d’une requête qui s’adresse à M. le maire ici présent, tendant à ce qu’il fasse apposer dans sa commune, au cours de cette année du cinquantenaire, une plaque commémorative rendant compte du sacrifice d’Alfred Locussol et indiquant l’origine de l’acte barbare qui lui a coûté la vie.

 

On peut comprendre la difficulté d’honorer matériellement la mémoire de représentants de la société civile et même de fonctionnaires civils tués en Algérie, et dont le nom ne peut pas être inscrit, par exemple, sur le monument aux morts de la ville de métropole où ils sont nés ou ont été inhumés puisqu’ils ne sont pas reconnus Morts pour la France.

 

Avec Alfred Locussol, on n’est pas dans ce cas de figure : ce directeur-adjoint de l’enregistrement est mort de ce côté-ci de la Méditerranée et les autorités municipales ont toute latitude pour faire acte de transmission de la mémoire d’une vérité que la justice française elle-même a consacrée et dont les registres de l’administration pénitentiaire peuvent porter témoignage.

 

cf. pièces jointes et, en complément, http://info.francetelevisions.fr/video-info/index-fr.php?id-video=cafe_HD_1900_caen_jtregional_040112_522_04012012201707_F3 (à partir de la minute 12’45 et jusqu’à 14’50),

étant précisé que le maire d’Alençon, devant les quelque cent personnes réunies le 4 janvier en début de soirée pour rendre hommage à Alfred Locussol en la salle de la Halle aux toiles, a bien voulu prendre l’engagement de  mettre à l’étude et présenter au conseil municipal un projet de plaque commémorative dédiée à cette victime de l’OAS en vue d’une inauguration au cours de cette année du cinquantenaire.

 

N.B. : Demain, c’est vers la mémoire de Charles Causse, vice-président du Tribunal de Grande Instance d’Alger, que nos pensées devront se tourner à l’occasion du cinquantième anniversaire de son assassinat par l’OAS. Que sa famille sache notre sympathie et notre disponibilité pour la mise en œuvre d’un projet d’hommage impliquant les services du Ministère de la Justice.

 

 

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