Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

DIJON

Leur secrétariat d’État aux anciens Combattants a été supprimé sans tambour ni trompette.

Des Anciens Combattants “blessés”

 Dijon.jpg

 

Des anciens combattants lors de l’anniversaire de la libération de la ville de Dijon, le 11 septembre dernier. Photo LBP

La suppression du secrétariat d’Etat aux Anciens combattants provoque la colère des associations qui réclament son maintien. Symbole de la reconnaissance de la Nation, le “ministère des pensions” avait été créé en 1920 pour venir en aide aux invalides et blessés de 1914-1918. Devenu ministère, puis secrétariat d’État aux Anciens combattants, il a disparu discrètement, dimanche, avec la formation du nouveau gouvernement Fillon. Nommé ministre d’Etat, Alain Juppé est désormais en charge de la Défense et des Anciens combattants, mais sans secrétaire d’Etat à son côté.

« Monter au créneau »

En Côte-d’Or, les Anciens combattants sont amers, et en colère.

Jean-Louis Nageotte, président de l’Union départementale des Anciens combattants, ne mâche pas ses mots : « Nous savions que cela nous pendait au nez et nous n’avons pas été tenus au courant. Mais nous allons certainement monter au créneau. C’est déjà arrivé. La semaine qui a suivi, ils ont fait marche arrière et désigné quelqu’un (...). Mais là, cela m’étonnerait que cela soit le cas. On ne sait pas quelle sera la répartition du budget, qui va le gérer. Nous éprouvons un sentiment d’abandon (...) ».

Pour Robert Moulière, président national de l’Association des Cheminots Anciens Combattant, le discours est identique : « Nous redoutions cette décision et elle est arrivée. Nous le vivons très mal. Est-ce que les Offices Nationales des Anciens Combattants et Victime de Guerre (ONAC) seront en capacité d’exister ? Nous nous interrogeons sur nos droits (...) On a le sentiment qu’ils veulent se débarrasser (...). Il nous reste la mémoire. »

Jean Lecrigny, président départemental de la FNACA est également affecté, mais avoue ne pas être surpris : « Le secrétaire d’État nous avait dédaigné, on imaginait donc que cela allait se passer comme cela. Nous sommes plus nombreux que les agriculteurs mais nous n’avons pas de ministère (...). En Côte-d’Or, nous sommes environ 10000 (5000 à la FNACA). Le ministre de la Défense aura sans doute d’autres préoccupations que les anciens combattants. On dérange, on gêne (...)» Jean Villemot, président du groupement des ACVG est plus stoïque : « Je crois que secrétariat d’Etat, ou pas, cela ne changera pas grand chose. Le dernier secrétaire d’État précédent n’a pas été un intermédiaire (...). Alain Juppé nommera sûrement un interlocuteur. Je me demande si les secrétaires d’État ont déjà reçu un président d’association d’anciens combattants. .. »

Avec plus de 1,5 million de titulaires de la carte du combattant, auxquels s’ajoutent les veuves et orphelins qui dépendent de l’ONAC pour les pensions et prestations, plus de trois millions de personnes sont encore concernées en France.

Catherine Vachon

 

Tag(s) : #Associations
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :