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Les anciens combattants réunis devant une plaque indiquant

la date du 19 mars 1962

http://ventenaccabardes.fr/infos/index.php?option=com_content&view=article&id=908:120317ac&catid=118:communication&Itemid=41

La commune de Ventenac Cabardès n’a eu fort heureusement pas à déplorer de soldats morts pendant la guerre d’Algérie qui compta près de 30000 morts parmi les soldats français. Mais  elle compte plusieurs Ventenacois qui ont été des acteurs de ce conflit qui dura 7 ans entre la France et l’Algérie.

Ils s’appellent Jacques Basset, Jean Bourdil, Marcel Martinez, Paul Peilhe, Joseph  Prévost, Bernard Savoldelli

Adhérents  aujourd’hui à la FNACA d’Alzonne dont Paul Peilhe est le responsable local sur Ventenac, ils ont été rejoints par d’autres combattants qui se sont installés plus récemment sur la commune, Roger Veziat,  Louis Bedosti. Quelques uns les ont déjà quittés,  Bernard Castel, Jean Carrière , Robert Thuriès  et Jean-Claude Alberti

Chacun de ces soldats  a gardé en mémoire ses propres souvenirs de ce conflit mais aussi des photos, des lettres, et le béret rouge de Marcel orne aujourd’hui encore le mur de son séjour au-dessus de son brevet de parachutiste.

« Nous ne nous faisions pas d’illusion sur notre destination future lorsque nous avons été incorporés pour effectuer notre service militaire » dit l’un deux.

Appelés, ils avaient 20 ans et ils sont  partis après une instruction de quatre mois en France pour certains, ou en Allemagne pour d’autres, pendant lesquels ils ont appris le maniement des armes. «  Nous faisions des manœuvres destinées à former les hommes au combat en Algérie »  souligne l’un d’eux. Certains ont essayé de retarder ce départ. Jean Bourdil qui devait rejoindre le 1er RIC à Versailles après une permission de huit jours s’était entendu avec ses copains du régiment pour s’y présenter un jour après la date prévue. « J’ai pris huit jours de prison. Des copains qui sont arrivés après moi ont eu une peine plus lourde ».

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Sur cette photo, Marcel Martinez pose avec des camarades.

Tous ont embarqué à Marseille sur « le Ville d’Oran » ou le « Ville de Marseille ».

Et avec le cœur gros comme Paul Peilhe qui avait appris juste avant le départ que l’un de ses copains d’un village voisin venait d’être tué lors d’un accrochage avec des combattants algériens. Envoyés pour y « assurer le maintien de l’ordre », la plupart  y sont restés jusqu’à 25 mois soit 29 mois de service au total.

Ils ont débarqué à Oran, à Alger ou  à Philippeville. Des GMC  nous attendaient pour nous conduire à notre base précise Jean Bourdil incorporé au PC du 1/1 RIC secteur de Palestro en Grande Kabylie.

La plupart des soldats étaient des fils de paysans, de petits salariés ou de petits artisans. Presque tous étaient du midi. Beaucoup  venaient de la région toulousaine. Nos chefs avaient fait la guerre d’Indochine. Ce n’étaient pas des tendres. C’était un régiment opérationnel ajoute t-il.

Parmi leurs missions, la garde de jour et de nuit, les patrouilles, le crapahutage, les «ratissages» l’inspection d’un secteur qui leur était  confié, la recherche d’ennemis, la surveillance des routes.

Il y avait aussi les opérations plus ou moins longues selon les régiments. Pour Marcel Martinez, incorporé dans le un régiment de Hussards de parachutistes, elles allaient jusqu’à quinze jours sans rentrer au camp. « On était réveillés au milieu de la nuit, on partait, sac de couchage, gourde, fusil-mitrailleur, casque lourd, chargés comme des baudets. On dormait à la belle étoile. Les accrochages avec l’ennemi, ils ne les ont pas comptés ». Tous ont vécu des opérations dures. Pour Paul, la plus dure fut une opération  dans le massif de l’Ouarsenis, pour Jean Bourdil ce fut un bouclage entre Thiers et Palestro, un secteur sensible. Les avions survolaient le village, les mitrailleuses crépitaient, c’était vraiment la guerre.  Pour Marcel, parachutiste qui fit son premier saut à Blida plusieurs longues opérations dans les Aurès, bastion de la rébellion furent très violentes. Né en Algérie, Marcel parlait l’arabe et il fit office d’interprète sous les ordres du lieutenant Leclerc. «  Le risque était partout, on vivait sur le qui-vive et la méfiance dit-il. Heureusement, nous étions encadrés par la légion car nous nous avions peu d’expérience sur le terrain. Plus tard, chargé de la surveillance  d’une portion du barrage électrifié à la frontière Tunisienne, je patrouillais à bord d’un half track, un engin semi chenillé, rapide et increvable ».

Louis Bedosti affecté au Fort de Biskra était artificier, responsable des munitions du Régiment, Jacques Basset a été affecté aux Transmissions à Tizi Ouzou, Joseph Prévost outre ses tâches militaires a fait office de coiffeur et de cuisinier.

D’autres ont accompli des missions humanitaires.  « Lorsque j’ai été affecté au 93ème RI secteur de Mostaganem à Ain TEDELES » , affirme Paul,   «  il y avait une infirmerie militaire et comme j’avais obtenu le caducée, j’ai pu faire de l’AMG (assistance médicale gratuite) L’essentiel de mon activité consistait à soigner les civils algériens qui en avaient besoin. Un jour de juillet 1959, j’ai même pratiqué un accouchement dans un douar aidé par « la sage femme locale ». Le bébé était une petite fille qui a été appelée Paulette. Une autre fois, j’ai réalisé une injection de sérum à un chef de douar qui avait été piqué par une vipère. Le lendemain, il est venu me remercier à l’infirmerie en me disant «  tu m’as sauvé ma vie. » j’étais bien considéré par les habitants qui m’appelaient le « toubib » ils m’invitaient pour fêter un mariage, une naissance et même un décès ».

Les jours de repos, ils faisaient leur lessive, nettoyaient leurs armes, écrivaient à leur famille ou à leur fiancée

Les derniers mois étaient durs. La quille, tous l’attendaient. La date était souvent retardée. A défaut, l’un d’eux espérait une blessure « légère s’entend » dit-il pour rentrer en France.

Au cours de ces longs mois, tous ont vu mourir des camarades. Cela ne s’oublie pas. A La veille d’une permission qu’il venait d’obtenir pour être monté en grade, un copain de Paul,  a sauté sur une mine. Un mauvais rêve qu’il refait encore quelquefois.

Si la vie à pris le dessus, l’oubli est devenu impossible et le 19 mars dernier ils se sont retrouvés pour le 50ème anniversaire du « Cessez le feu en Algérie » et ont déposé un bouquet sur les tombes des "Morts pour la France en Algérie » du canton d’Alzonne.

Jeannine & Gilles Roquier

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