Partager l'article ! Les nostalgériques extrémistes, les héritiers de l'OAS réussissent à faire annuler une soirée "couscous" organisée dans le Gers. ARTICLE MIS A ...
Pour notre information voici un article de
http://www.rue89.com/2012/02/05/algerie-francaise-le-couscous-de-la-discorde-50-ans-apres-229099
· Le temps ne fait rien à l'affaire 05/02/2012 à 17h57
· Dans le Gers, on ne « fête » pas la fin de la guerre d'Algérie
Placette du 19 mars 1962 à Tuchon - Fin de la Guerre d'Algérie (Florriebassingboum (Flickr))
A Samatan (Gers), la soirée couscous est annulée. Le maire a jugé le risque de trouble à l'ordre public trop élevé. L'organisateur de l'événement, prévu le 25 février, crie, lui, à la censure. Il s'appelle Alain Lopez. Dans le coin, on le présente comme « quelqu'un qui a ses idées » – en clair : un peu grande gueule et très à gauche.
Cet enfant des Hauts Plateaux algériens est devenu exploitant agricole dans le Gers – « comme beaucoup de Pieds noirs », précise-t-il. « Le gouvernement nous avait orientés vers ce département qui se dépeuplait ». Il est désormais retraité et a passé ces dernières semaines à organiser une « Fête du cinquantenaire de la fin de la guerre d'Algérie » avec :
Sitôt l'événement annoncé sur une paire de feuilles A4, le village gersois a perdu sa tranquillité. « Des dizaines et des dizaines d'e-mails de protestation, pour ne pas dire des centaines, sont arrivés sur les ordis de la mairie », raconte Pierre Chaze, le maire (PS) de la commune.
Ils provenaient de « membres d'associations de rapatriés, de Pieds Noirs, de harkis ». Tous choqués par un mot : « fête ».
« Pugilat »
« Pour nous, les 50 ans, c'est les 50 ans de l'exode. Un million de Français sont rentrés sans rien. 150 000 harkis ont été massacrés. On ne peut pas faire une fête », s'indigne Lionel Vivès-Diaz, qui a pris la tête de la fronde contre le « couscous festif » et ce « pseudo-débat avec des orateurs tous issus d'une même association qui fait l'apologie de militaires qui ont déserté ou aidé le FLN, qui ont combattu contre leur propre camp et applaudi le Manifeste des 121 ! »
Ce professeur d'espagnol est une figure du milieu associatif pied-noir. Cette histoire, pourtant, n'est pas la sienne. C'est celle de ses parents. Lui est né « ici », en 1964. Il se présente comme un homme « assez perméable à la souffrance », très conscient de la « blessure béante » des rapatriés d'Algérie. Il emploie avec insistance le mot « douleur ».
Bientôt, le maire a eu vent d'un projet de contre-manifestation « d'ampleur nationale ». Face à cette perspective, des villageois étaient prêts à venir défendre le monument aux morts. « Ça prenait des proportions folles. » Il a pris contact avec la préfecture.
« On m'a rappelé que le responsable de la sécurité publique, c'était moi. Je n'avais pas envie d'un pugilat. »
Il a renoncé à prêter la salle des fêtes.
« Félon », « traître », « communiste »
Mêmes pressions et même réaction à Lombez, commune voisine où Alain Lopez a voulu abriter son couscous. « Il y aurait eu des débordements, des vociférations. Des deux côtés on a des gens très passionnés, très sûrs de leur vérité », justifie le maire (PRG), Jean Loubon.
Il constate que « les gens ont des visions très différentes de cette guerre. On est à la fois trop près et trop loin. » Son homologue de Samatan se dit que « même 50 ans après, tout ça n'est pas vraiment rentré dans l'Histoire ».
Les nostalgiques de l'Algérie française estiment qu'Alain Lopez s'est livré à une provocation. Lui plaide aujourd'hui la maladresse.
Il relit les lettres d'insulte reçues ces derniers jours. « Ta place n'est pas sur terre mais en enfer », « pauvre type », « sous-merde », « collabo » ; « je te pisse à la raie », « félon », « traître », « lopette », « communiste », « illuminé »...
Il soupire : « Ces gens-là ont un pois chiche à la place du cerveau et ils ont arrêté les pendules en 1962. On ne peut vraiment pas discuter avec eux. »
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Pour répondre à un commentaire posté par Vives-Diaz qui nous apprend que la FNACA locale de Lombez/Samatan par l’intermédiaire de son président s'est lui-même élevé contre ce projet de "fête" et a fait savoir au maire de Samatan que son comité n'approuvait pas... le président du Comité Chalon Ville de la FNACA précise la position de la FNACA concernant le 19 mars :
Pour la FNACA le 19 mars n’est pas
une célébration, ni une « fête »
mais une commémoration
« Et oui,
comme quoi il faut toujours être extrêmement vigilant lorsque l'on veut communiquer et toujours bien peser chaque mot.
Il y a toujours des opposants prêts à saisir le moindre prétexte et semer la zizanie. Pour ce faire, ils n'hésitent pas à employer tous les moyens de pression envers les médias, les
élus... Ces derniers, parce qu'ils surestiment l'impact de ces groupuscules d'extrémistes intolérants, invoquent le principe de précaution pour leur donner satisfaction. On ne peut que le
regretter.
Alors pour ne pas froisser l'hypersensibilité de certains, mesurons bien tous nos propos. Le 19 mars n'est pas une fête, c'est la date historique de la proclamation du
cessez-le feu de la guerre d'Algérie. Ce jour là nous nous recueillons pour nous souvenir de toutes les victimes de la guerre d'Algérie, des conflits du Maroc et de la Tunisie :
civils, militaires, harkis, morts avant et après le 19 mars 1962. »
JF. Drillien
Président du Comité Chalon Ville
De la FNACA
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Céder à des gens qui soutiennent les nostalgiques de la colonisation n'est pas digne de maires élus démocratiquement. C'est céder aux idées de l'OAS. Et pourtant ils sont dans des partis qui devraient condamner plus fermement le retour de ces odieuses méthodes d'intimidation...
Peut-être approuvent-ils les propos de Claude Guéant. Je ne veux pas croire qu'ils ne reviennent pas sur une interdiction qui les discréditerait définitivement.
Pourquoi Serge Letchimy ne doit surtout pas présenter d'excuses à Claude Guéant. Par Bruno Roger-Petit Chroniqueur politique (leplus.nouvelobs.com. 09-02-2012)
Depuis mardi, l'UMP tente de faire croire que le député de la Martinique Serge Letchimy a assimilé Claude Guéant au nazisme, et lui demande des excuses. Et si l'ancien maire de Fort-de-France avait simplement rappelé la vérité historique au ministre de l'Intérieur ?
On a beau lire et relire la controversée question au gouvernement du député apparenté PS, Serge Letchimy, élu de la Martinique, on cherche en vain l'accusation de "nazisme" dont il aurait accablé le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, aux yeux de l'UMP, de François Fillon et de Jean-François Copé.
On a beau lire et relire, on ne trouve nulle imputation directe, mise en cause personnelle ou accusation ad hominem liant la personne de Claude Guéant au nazisme. Serge Letchimy, dans la forme comme dans le fond, a rappelé à Claude Guéant une évidence : dès lors que l'on attribue une valeur différente aux civilisations, on en vient à se poser la question de leur hiérarchie, et dès lors que l'on considère une civilisation supérieure à une autre, le pire peut advenir. Le syllogisme est implacable, et l'Histoire le démontre, de l'Antiquité à nos jours.
Serge Letchimy a rappelé cette évidence, de manière abrupte certes, mais porté par l'indignation d'être le descendant de femmes et d'hommes qui furent considérés, en leur temps, comme les représentants d'une civilisation à ce point inférieure qu'il était naturel de les réduire en esclavage. Il a indiqué, que de l'esclavage en passant par la colonisation, le nazisme avait représenté le stade suprême de la civilisation supérieure autoproclamée, et des conséquences que cela engendre. Qui pourra le dire le contraire ?
Serge Letchimy a rappelé à Claude Guéant à quelles conséquences la hiérarchie des civilisations qui ne se valent pas avait mené par le passé. De ce point de vue, son interpellation relevait plus de l'instruction que de l'accusation : "Vous nous ramenez, jour après jour, à des idéologies européennes qui ont donné naissance aux camps de concentration au bout du long chapelet esclavagiste et colonial. Le régime nazi, si soucieux de purification, était-ce une civilisation ? La barbarie de l'esclavage et de la colonisation, était-ce une mission civilisatrice ?"
Le débat ainsi replacé dans son juste contexte, la tentative de l'UMP pour faire dire à Serge Letchimy ce qu'il n'a jamais dit apparaît pour ce qu'elle est : une diversion.
Voilà pourquoi il faut se ressaisir, messieurs les maires de Lombez et Samatan !