Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

  Un scandaleux "hommage"

au Colonel Chateau-Robert

Lettre à Hervé Morin, Ministre de la Défense par notre ami Henri Pouillot

 

Jeudi 7 octobre 2010, par Henri POUILLOT // L’OAS : résurgence aujourd’hui

Lettre que j’ai envoyée le 8 Octobre à

Monsieur Hervé MORIN Ministre de la Défense

Objet : Inauguration d’une stèle dans une caserne A la gloire d’un officier déserteur ayant été condamné à mort

Monsieur le Ministre,

Le 22 octobre prochain doit avoir lieu l’inauguration officielle du monument à l’effigie du colonel Pierre Château-Jobert à Pau, au pied du mât des couleurs de l’ancienne place des agrès de l’ETAP. Le 4 juin dernier, cette place a déjà été baptisée "Place du colonel Pierre Château-Jobert". C’est sur cette place que se rassemblent, chaque matin depuis cinquante ans les aspirants au brevet militaire de parachutiste.

Le programme de la journée serait le suivant : 11 heures : début de la cérémonie, allocutions, inauguration du monument. 12 heures : rassemblement au cercle-mess pour vin d’honneur et déjeuner. 15 heures : visite du musée des parachutistes.

Or ce Colonel Pierre Château-Jobert :
  se solidarise avec les officiers qui, le 22 avril 1961, autour du général Challe, ont saisi le commandement à Alger, ce qui lui vaut plusieurs mois d’arrêts de forteresse à l’occasion de ce putsch qui tenta de renverser la République Française.
  déserte en janvier 1962 pour rejoindre le commandement de l’OAS dans l’est algérien
  est condamné à mort par contumace en 1965 et ne rentrera en France de son exil qu’en 1968, après la première amnistie.

Avec un tel palmarès comment cela est-il compatible que cet officier, déserteur, condamné à mort, ayant tenté de renverser la République puisse-t-il être honoré ? Est-ce l’exemple qui doit être donné aux nouvelles recrues de l’Armée Française en formation ?

Je suppose que vous n’en ayez pas été informé, parce que je ne pense pas qu’un Ministre de la Défense de la France, puisse laisser faire un tel affront à nos valeurs républicaines, d’autant plus quand le Gouvernement auquel vous participez a organisé, il y a seulement quelques mois, un débat national sur cette même notion.

En espérant que vous pourrez stopper immédiatement une telle infamie
  en faisant modifier le nom de cette place
  en interdisant cette cérémonie je vous prie d’agréer, Monsieur le Ministre, mes plus respectueuses salutations.

Henri POUILLOT.

P.-S.

Je publierai la réponse dès que je la recevrai

Voici le parcours partiel

 de ce commandant de l’OAS

 Organisation terroriste et criminelle

 

Dans les semaines qui suivent le 13 mai 1958, il y est en liaison avec des délégués d’Alger, tel le commandant Vitasse.

conan.jpgIl se solidarise avec les officiers qui, le 22 avril 1961, autour du général Challe, ont saisi le commandement à Alger, ce qui lui vaut plusieurs mois d’arrêts de forteresse.

Le 13 janvier 1962, alors qu’il est affecté à l’état-major de l’amiral préfet maritime de Cherbourg, il rejoint clandestinement l’Algérie et se met aux ordres du général Salan, chef de l’OAS.

A la fin de janvier 1962, à son arrivée à Alger, Pierre Château-Jobert est reçu par le général Salan qui lui confie le commandement de l’OAS du Constantinois qui manque chroniquement de cadres supérieurs. Cette nomination est officialisée par une note de service du général Salan diffusée largement en Algérie.

En charge du Constantinois, il y retrouve le lieutenant Michel Alibert et y noue, en vue de leur ralliement, de nombreux contacts avec des officiers supérieurs et subalternes des régiments qui y sont stationnés, 13ème Dragons, 6ème Cuirassiers et 2ème REC -

(Le général Multrier, commandant de la zone Est Constantinois dira : « l’OAS progresse vite dans le Constantinois quand Château-Jobert en prend la tête »).

Désapprouvant les « Accords Susini -Mostefaï », il quitte l’Algérie le 30 juin 1962 à bord d’un cargo qui le ramène en métropole. Clandestin, en France et en Espagne, il continue son combat; en 1965, il est condamné à mort par contumace. Il réapparaît à Morlais le 3 novembre 1968, après la première amnistie de juin 1968.

Le Colonel CHATEAU-JOBERT dit "CONAN", âgé de 93 ans, a été inhumé le 3 janvier 2006.

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Associations
Partager cet article
Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :