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LOIRE -JUSTICE

Le préfet porte plainte contre le président des anciens combattants (FNACA)

 

Le président départemental de la FNACA avait parlé de « forfaiture » en évoquant l'absence du représentant de l'Etat lors des cérémonies du 19 mars.

Le préfet dit être tenu par son devoir de réserve en raison des élections régionales

Le préfet n'imaginait pas que cette absence aurait de telles conséquences. « De toute ma carrière dans la préfectorale, je n'avais encore jamais connu ça » dit Pierre Soubelet.

Cette absence, c'est la sienne, le 19 mars à Saint-Etienne, lors de la cérémonie commémorant le cessez-le-feu de la guerre d'Algérie.

Une absence exceptionnelle (« d'habitude, je m'y rends toujours », affirme-t-il) mais justifiée : les cérémonies tombent entre les deux tours des élections régionales des 14 et 21 mars « et, comme toujours en période électorale, j'étais tenu par mon devoir de réserve » explique-t-il.

Mais cette absence passe mal auprès de Michel Huet, président départemental de la Fédération Nationale des Anciens Combattants Algérie-Maroc-Tunisie (FNACA).

Qui, lors de son discours lors de la cérémonie, emploie le terme de « forfaiture » pour se plaindre de l'absence du représentant de l'Etat.

Un terme particulièrement fort puisqu'il désigne « un crime commis par un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions » (dixit le dictionnaire Larousse). « Jamais personne ne m'avait traité de la sorte » s'insurge Pierre Soubelet. « Je ne pouvais laisser passer ça ». Dans les jours qui suivent la cérémonie, il porte plainte auprès du procureur de la République pour « outrage ».

Michel Huet, qui n'a toujours pas digéré cette absence, maintient ses propos : «Je suis président de la fédération départementale depuis vingt-quatre ans, c'est la première fois qu'un préfet ne se rend pas à la cérémonie. Et il pouvait parfaitement venir puisqu'une circulaire du ministère des Anciens combattants levait son devoir de réserve ».

« Faux », rétorque Pierre Soubelet. « La circulaire, qui date de 2008, était valable pour les élections qui avaient lieu cette année-là (NDLR : c'était les municipales). Mais cette année, en l'absence d'autorisation, j'étais tenu par mon devoir de réserve ». Il ajoute que « tous les autres préfets ont adopté la même position. Ça n'a posé problème nulle part, sauf ici ».

« Le préfet m'a trompé », ajoute Michel Huet. « Je l'avais rencontré peu de temps auparavant, il m'avait dit qu'il viendrait ». « Oui, si on avait levé mon devoir de réserve » insiste le préfet…

Dialogue de sourds ? Ça y ressemble.

Suite à la plainte, le procureur de la République a fait ouvrir une enquête. « J'ai été entendu par les services de police, j'attends la suite » déclare Michel Huet, qui ne veut pas en rester là.

 Pierre Soubelet, lui, attend « des excuses écrites ».

D'un côté, le préfet attend une condamnation de la justice « pour le principe » et de l'autre, le président de la FNACA a prévu de rassembler ses adhérents devant la préfecture,  le 3 décembre.

Il précise qu'il n'a demandé « aucun dommage et intérêt », mais veut que l'intéressé soit sanctionné « pour le principe ».

Au secrétariat du procureur, on indique que « l'affaire suit son cours ».

Jean-Hugues Allard

jhallard@leprogres.fr

 

La FNACA manifestera le 3 décembre 2010 devant la préfecture

Le président de la FNACA est tellement remonté qu'il a prévu de rassembler ses adhérents devant la préfecture, le 3 décembre. «Nous demanderons à être reçus par le préfet» dit-il, tout en se défendant d'en faire une affaire personnelle : « Il ne veut pas me parler mais il faudra qu'il justifie à tous les adhérents son absence ». Il ajoute, un brin ironique: « Le président de la République a déclaré, mardi soir, qu'il voulait rassembler les Français. Il serait logique que le représentant de l'Etat dans la Loire montre l'exemple... ».

La FNACA n'a pas de leçons à recevoir lorsque l'on constate le comportement des Pouvoirs Publics dans de très nombreux lieux de France où l'on honore l'OAS  cette organisation terroriste et criminelle, où, le plus souvent l'Etat "ferme les yeux". 

 
 
 
 

 

 

 

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