Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 10:16

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 Epoustouflante trajectoire

Serge Lama, de son vrai nom Serge Chauvier, est né le 11 février 1943 à Bordeaux. Son père est un chanteur qui jouit d'une bonne réputation locale, mais il ne parvient pas à percer et décide de mettre un terme à ces activités de chanteur en espérant voir un jour son fils prendre la relève. Au début des années 60, Serge écrit ses premières chansons et s'inscrit au petit conservatoire de Mireille. Il chante dans les cabarets parisiens et se forge rapidement une solide réputation ce qui lui permet de sortir son premier 45 tours en 1964. 

Débarqué à Paris à l'âge de 7 ans dans les valises de son père, artiste au Théâtre des Capucines, Serge Lama se voyait déjà à l'affiche de l'Olympia voisin.

Son voeu va se réaliser puisqu'il devient l'un des chanteurs populaires les plus appréciés de France.
Première chanson à neuf ans, cours de théâtre à 15 ans, passionné de littérature (Sartre, Camus, Gide, Mauriac,...) au lycée, il finira par se lancer dans la chanson, contre l'avis de ses parents, en 1963.

C'est en 1964 qu'il débutera réellement, au côté de Barbara, en première partie du tour de chant de Georges Brassens.

Alors que le succès débutait, il est victime en 1964 d'un terrible accident de la route à Aix-en-Provence, dont les médecins craignent qu'il ne signe définitivement la fin de sa carrière.

Soutenu par les artistes, fort d'un immense courage, "le miraculé" retrouva dès 1966 le chemin du piano et écrit en 1967 "les ballons rouges", sont premier grand succès.

  

La chanson « L’Algérie »

Dès sa sortie en 1975, « L’Algérie » connut un large succès, avec près de 200.000 exemplaires vendus. C’est dire si cette chanson, treize ans après les Accords d’Evian, faisait écho dans le coeur du public à un épisode douloureux de la mémoire collective de notre pays. La perspective choisie par Serge Lama, mobilisé à l’âge de 19 ans à Hammaguir, est ici de raconter le souvenir de sa propre expérience d’une jeunesse meurtrie, d’un destin subi, pour une cause absurde.

Ce ne sont pas des hommes qui laissent femmes et enfants sur ce quai d’embarquement, mais des « garçons » d’à peine « vingt ans », arrachés à des premières amours juvéniles que leurs fiancées parfois ne tarderont pas à abréger, sous couvert de « mots menteurs ». Pour le narrateur, c’est même l’occasion d’une « première fois », d’un premier voyage en bateau. Et cette expérience de jeunesse est avant tout collective. Chacun de ces garçons se confond dans un « nous » qui domine dans les deux premiers strophes et refrains, parmi des « milliers » d’autres compagnons de voyage. Ce n’est que dans la dernière partie de la chanson que le narrateur revendique pleinement sa première personne, et se pose en témoin particulier d’une Histoire qu’il souhaite raconter « à [ses] petits-enfants », afin que cette jeunesse n’ait pas été sacrifiée en vain.

La chanson s’articule aussi sur une opposition forte entre ses couplets et ses refrains. Les trois couplets racontent le voyage angoissant, le passage d’un continent à l’autre. On quitte, avec « l’envie de pleurer », une « aurore légère » qui se lève sur ce quai dont on se détache dans une lenteur marquée par la répétition du verbe « s’éloigner », sur le rythme de marche à deux temps de la musique. C’est une « marche » inexorable, que rien ne peut arrêter. C’est un voyage forcé, à bord d’un « bateau prison » duquel il serait illusoire de vouloir s’échapper. C’est un destin subi, « dont on ne voulait pas », et devant lequel « certains n’ont pas pu s’empêcher de pleurer ». Un départ pour un « au-delà » : ce passage pour l’autre rive de la Méditerranée évoque symboliquement celui de vie à trépas.

A ce « presque beau », à ce « pont délavé » s’opposent les trois refrains centrés sur la destination, sur l’Algérie elle-même, et sur « l’éblouissement » que ressent le jeune conscrit au premier contact avec ce pays, devant « l’azur » écrasant du ciel algérois, devant cet « horizon » nouveau pour lui. La chanson ne parle pas de « guerre », mais pudiquement d’une « aventure » où ces jeunes garçons « jouaient » aux « petits » soldats. Il est vrai que dans les années 70, cet épisode de notre passé était encore proche. D’ailleurs l’histoire officielle ne parlait encore que « d’événements ». Mais Serge Lama ne se soucie pas d’écrire une chanson polémique, engagée politiquement. Il ne se range ni du côté des partisans ni des adversaires de cette guerre. Peu lui importe qu’on soit « avec ou sans fusil ».

Il suggère au contraire qu’au-delà de cette polémique, s’impose une évidence, à l’image de « l’éblouissement » que procure ce ciel algérois : la France n’était pas chez elle, elle occupait un pays, différent et proche à la fois. On peut regretter que les Algériens eux-mêmes soient absents de cette description : la chanson ne les met pas en scène, elle s’attache simplement aux paysages dont elle souligne la beauté. Mais on devine néanmoins la proximité méridionale et maternelle que le jeune soldat retrouve dans ces rues où « draps et serviettes séchaient aux balcons ». Devant tant de luminosité et finalement de proximité, l’auteur rejette toute l’absurdité de cette « aventure ». Cette absurdité d’un conflit auxquels ses protagonistes eux-mêmes étaient étrangers prend ainsi une dimension presque camusienne. Et au final, l’auteur scande, appuyé par le rythme ternaire et majestueux de ses alexandrins, que « l’Algérie, ça reste un beau pays, l’Algérie ».

Paroles : Serge Lama, musique : Alice Dona

 

 

 


    


Par Michel Dandelot - Publié dans : Associations
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Commentaires

Serge LAMA pourrait écrire une chanson sur les mensonges de Longuet et de Laffineur au sujet de la carte de combattant pour les militaires en Algérie 1962 1964 qui ont vu 534 de leur camarades mourir pendant cette période

et que personne ne veut reconnaître

gilles

Commentaire n°1 posté par bourg le 11/02/2012 à 12h20

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