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Comme chaque année, le Comité Chalon-Chagny de l’ANACR, présidé par Guy Gaultier, organisait une cérémonie en souvenir de la création du Conseil National de la Résistance (CNR) et de son chef Jean Moulin. La FNACA Chalon Ville était présente. Vous pouvez lire le compte-rendu de cette cérémonie sur Infos Chalon.fr ou sur le JSL.

 

67e anniversaire de la création du CNR

  (Photo Infos Chalon)

 

Pour notre part nous souhaitons rendre un hommage à Jean Moulin qui est le principal unificateur des groupes de résistants disparates et politiquement divergents qui a abouti à la création du CNR.

  

Honorons donc la mémoire de Jean MOULIN, héros de l’opposition à l’occupant nazi et figure emblématique de la Résistance française.

 

Son premier acte de bravoure remonte à juin 1940. Alors préfet de Chartres (Eure-et-Loir), les nazis lui soumettent une déclaration selon laquelle un groupe de tirailleurs sénégalais appartenant à l’armée française aurait commis des crimes graves. Conscient de l’innocence des accusés, Jean Moulin refuse de signer le document.

 

Cette première insubordination lui vaudra d’être roué de coup puis emprisonné. Ce premier internement dessine un homme affirmé dans ses choix et prêt à tout pour se conformer à son éthique personnel. Se refusant à toute collaboration, il va au bout de cette logique de l’honneur et tente de se suicider en se tranchant la gorge à l’aide d’un bout de verre. Cet acte terrible, entre la folie et le courage, définit le caractère bien trempé et fier de cet homme d’exception.

 

Libéré, il est révoqué par le gouvernement de Vichy en novembre 1940. Ne pouvant rester apathique, il rejoint le général De Gaulle à Londres en 1941. Les deux hommes s’apprécient mutuellement et cette estime réciproque pousse le Général à lui confier une mission de la plus haute importance : unifier la Résistance dans la zone Sud, encore administré par le gouvernement Vichyssois.

 

Ce départ porte en lui tous les prémisses de ce qu’est et de ce que deviendra Jean Moulin au sein de la Résistance et du peuple français dans son ensemble.

 

Il devint dès 1925 le plus jeune sous-préfet de France et est nommé dès 1937 préfet d’Aveyron. Il est le plus jeune français à occuper ce type de fonctions.

 

Son parcours prédisposait cet homme à entrer en Résistance et à conserver cette droiture morale et éthique qu’il conservera jusqu’à sa mort. Mais ne brûlons pas les étapes et revenons à son rôle auprès du général De Gaulle.

 

Une fois adoubé par le général afin d’unifier la Résistance, il revint en France dans la nuit du 1er au 2 janvier 1942 pour y mener sa mission.

 

Citons Malraux, ministre de la Culture sous De Gaulle, pendant son discours pour le transfert des cendres de Jean moulin au panthéon : « Voilà donc plus de vingt ans que Jean Moulin partit, par un temps de décembre [sans doute semblable à celui-ci], pour être parachuté sur la terre de Provence, et devenir le chef d'un peuple de la nuit ».

 

Mais unifier les groupes de résistants disparates et politiquement divergents n’a pas été simple. Dans un premier temps, il contacte tous les chefs des différents mouvements de résistance. Ensuite, il s’efforce, après avoir créé l’Armée secrète (AS), de mettre en place différents services : parachutage, information, presse, transmissions, comité général d’études, noyautage des administrations publiques… Doté d’une énergie inépuisable, il parvient à réunir les trois grands mouvements de résistance français, à savoir Combat, d’Henri Frenay, Franc-Tireur, de Jean-Pierre Levy et Libération-Sud d’Emmanuel d’Astier de la Vigerie. Il les rassemble au sein des Mouvements Unis de résistance (MUR).

 

On imagine la difficulté d’unifier ces mouvements dirigés par des hommes venant d’horizons différents et ne souhaitant pas spécialement perdre leurs prérogatives dans une fusion. Quel lien Emmanuel d’Astier de la Vigerie, issu de l’extrême droite et Jean-Pierre Levy,  Originaire du milieu judéo-alsacien de tendance "républicaine", si ce n’est la haine de l’occupant  et une certaine image de la France ?

 

Une fois cette tâche accompli il repart à Londres au début de l’année 1943 où il rend son rapport au Général De Gaulle qui le charge de mettre en place le Conseil National de la Résistance (CNR). Il s’agit cette fois de réunir toutes les organisations (mouvements, partis politiques et syndicats) sous une même entité politique. Il en sera le président. La première réunion du CNR se déroule le 27 mai 1943, à Paris.

 

Mais ce succès n’arrête pas pour autant les luttes d’influences au sein de la Résistance et les conflits d’intérêts. A la suite de l’arrestation du Chef de l’armée secrète, le général Delestraint, Jean Moulin organise en urgence une réunion des responsables militaires à Caluire, afin de s’organiser en l’absence du malheureux. La suite est connue, le 21 juin 1943, la Gestapo envahit le lieu de rassemblement et arrête tous les participants. La trahison, ou la dénonciation, semble évidente. Jean Moulin est emprisonné à Lyon et torturé pendant plusieurs jours. Malgré les souffrances abominables qu’il endure, jamais il ne donnera une quelconque information sur le mouvement qu’il a mis en place.

 

Sa sœur aura ses mots magnifiques sur ce frère si héroïque : « Son rôle est joué, et son calvaire commence. Bafoué, sauvagement frappé, la tête en sang, les organes éclatés, il atteint les limites de la souffrance humaine sans jamais trahir un seul secret, lui qui les savait tous ».

 

Mais aucun anathème ne saurait être jeté à ceux qui, devant la torture, ont craqué. Car supporter l’inhumain est l’exception, et parler sous la contrainte ne sauve pas des fantômes qui peuvent vous poursuivre. C’est ce que souhaitait nous dire Jean Malraux avec cette phrase : « Avec ceux qui sont morts dans les caves sans avoir parlé, comme toi ; et même, ce qui est peut-être plus atroce, en ayant parlé […] ».

 

 

" Chef de mission d'un courage  et  d'un  esprit  de  sacrifice  exemplaires,  a,  en personne, établi la liaison entre les Forces Françaises Combattantes et les Mouvements de Résistance en France, en déployant, pour y arriver, une ardeur exceptionnelle ». ainsi s'est exprimé le Général de Gaulle en attribuant à Jean Moulin le 17 octobre 1942 la Croix de la Libération, et rendait ainsi un vibrant hommage au sens de l'Etat et au patriotisme intransigeant de celui qui, moins d'un an plus tard, allait entrer dans la légende.

 

Jean MOULIN meurt lors de son transfert en Allemagne, le 8 juillet 1943.

 

  Jean Moulin

   

" Je ne savais pas que c'était si simple de faire son devoir quand on est en danger "

 

                                                                              Jean Moulin

 

 

 

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