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Le collectif de Perpignan s’est opposé avec succès

 à l’hommage à l’OAS prévu le 7 juin 2010

 

 

Comme les années précédentes, le Collectif Pour un Centre de Documentation à Perpignan sur l’histoire franco-algérienne s’est opposé à l’hommage à l’OAS prévu au cimetière du Haut-Vernet de Perpignan le 7 juin 2010, jour anniversaire de l’exécution d’Albert Dovecar et Claude Piegts, assassins du commissaire central d’Alger Roger Gavoury.

Au cours de la conférence de presse qu’il a donnée le 21 mai 2010, le Collectif a rappelé ses autres demandes : le déplacement de la stèle dans un lieu privé, l’apposition d’une plaque à la mémoire de toutes les victimes d’Algérie au jardin de l’ancien couvent des Clarisses, et un centre de la mémoire en Algérie piloté par des scientifiques.

On a appris le 1er juin que le préfet avait décidé que « toute manifestation et tout rassemblement à caractère revendicatif aux abords du cimetière du Haut-Vernet à Perpignan sont interdits le 6 juin 2010 à partir de 18h et durant toute la journée du 7 juin 2010 », et que la mairie de Perpignan aurait décidé de fermer l’accès au cimetière pendant la même période. A la suite de la décision du préfet, le collectif a décidé de surseoir à sa manifestation, tout en maintenant sa vigilance.

  

Communiqué du Collectif

Suite à la décision préfectorale d’interdire, lundi 7 juin, tout rassemblement aux abords du cimetière du Haut-Vernet, nous avons décidé de surseoir à notre manifestation. Par contre, un groupe d’observateurs sera présent sur place afin de vérifier que l’interdiction du rassemblement des ex-OAS à l’extérieur comme à l’intérieur du cimetière est bien appliquée.

Nous relevons avec satisfaction les termes du communiqué de la préfecture indiquant « qu’un cimetière municipal est un lieu public qui ne saurait être le théâtre d’affrontements ou d’incidents ; la paix civile doit y être préservée par respect des défunts qui y reposent et de leurs familles. » Ils viennent à l’appui de notre demande maintes fois réitérée auprès de la municipalité de Perpignan, que la stèle OAS érigée dans le cimetière du Haut-Vernet soit déplacée dans un espace privé. Il est temps que le maire de Perpignan prenne cette décision et pour l’heure qu’il décrète la fermeture du cimetière pour la journée du lundi 7 juin.

                                                                                                                                                                                            Communiqué de Presse :

Interdiction de tout rassemblement

 autour du cimetière du Haut-Vernet

par Laurent Lozano, AFP, le 1er juin 2010

 

 

Le risque d’affrontements entre nostalgiques de l’Algérie française et un Collectif de Perpignan a conduit les autorités à interdire tout rassemblement près d’un cimetière de Perpignan autour d’un anniversaire controversé et d’un hommage aux membres de l’OAS.

Comme tous les ans depuis 2003, l’approche du 7 juin a ravivé les crispations et fait craindre un face-à-face tendu, comme en 2006, entre anciens partisans de l’Algérie française, pieds-noirs et harkis dans un camp, un collectif de Perpignan dans l’autre. Aussi le préfet des Pyrénées-Orientales Jean-François Delage a-t-il pris le 27 mai un arrêté interdisant tout rassemblement le 6 juin à partir de 18H00 et tout le 7 juin aux abords du cimetière du Haut-Vernet, où une stèle est dédiée aux membres de l’OAS tués en opérations ou fusillés après leur capture par les forces françaises. "Compte tenu de la sensibilité du contexte local et de la détermination des protagonistes, tout rassemblement, quels qu’en soient les organisateurs, aux abords ou à l’intérieur du cimetière, présente un risque sérieux et grave de troubles à l’ordre public", a justifié la préfecture mardi dans un communiqué. C’est la quatrième année qu’une telle interdiction est édictée.

Perpignan, où vit une forte communauté de rapatriés, est l’une des rares villes de France à avoir dans un cimetière une stèle ouvertement dédiée aux anciens de l’OAS, l’Organisation armée secrète, clandestine, qui s’est livrée durant les dernières années de la Guerre d’Algérie (1954-62) à la lutte armée, à des attentats et des assassinats pour que l’Algérie reste française.  

La stèle porte les noms de 116 membres de l’OAS, "morts pour que vive l’Algérie française", dit Jean-Pierre Prevoteaux, délégué local de l’association Adimad qui a fait construire le monument de granit et de bronze représentant un homme fusillé à un poteau d’exécution.

Pour le Collectif de Perpignan, l’hommage du 7 juin constitue au contraire une "forme d’expression de l’apologie de crimes de guerre". Parmi les 116 noms sur la stèle, ceux d’Albert Dovecar et Claude Piegts, accusés de l’assassinat du commissaire central d’Alger en 1961 et fusillés le 7 juin 1962, ont droit à une place d’honneur. Des individus "considérés comme des criminels", dit le Collectif de Perpignan.

Les autorités semblent confiantes que l’interdiction du 7 juin préservera le calme. Pour autant, l’affaire n’en restera pas là. Le Collectif de Perpignan réclame le transfert de la stèle sur un site privé, l’apposition d’une plaque à la mémoire de toutes les victimes d’Algérie dans un jardin public et l’ouverture d’un centre de la mémoire en Algérie. Il fait valoir qu’ailleurs, la justice a fait enlever du cimetière de Marignane (Bouches-du-Rhône) une stèle similaire installée par l’Adimad. Le déplacement de la stèle relève, non de la préfecture, mais de la mairie et le Collectif assure que ses interventions auprès du maire Jean-Marc Pujol " restent encore et toujours lettre morte ". Pour M. Pujol, l’affaire est délicate : le poids du vote des rapatriés n’est pas négligeable et il est lui-même pied-noir.

 

 

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