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http://www.dna-algerie.com/interieure/susini-l-oas-et-la-tete-brulee-rendre-l-algerie-aux-musulmans-telle-qu-elle-etait-en-1830-2

Jeudi 7 juin 1962, presque deux mois et demi après la signature des accords d’Evian qui mettent un terme à la guerre d’Algérie, un incendie ravage la bibliothèque de l’Université d’Alger. Plus de 400 000 documents et ouvrages sur les 600 000 que compte cette grande bibliothèque sont ravagés par les feux. L’oeuvre est signée par les commandos Delta de l’OAS (Organisation armée secrète), créée à Madrid le 11 février 1961 par les Ultras de « L’Algérie Française » pour s’opposer par la terreur à l’indépendance de l’Algérie.


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Dans un ouvrage paru mars 2012, « Entretiens avec Jean-Jacques Susini : Confessions du n° 2 de l’OAS » (Editions Les Arènes), le journaliste Bertrand Le Gendre revient sur cet autodafé que Susini revendique encore aujourd’hui, 50 ans après la fin de la guerre.

Bien que Jean-Jacques Susini, 78 ans, ne s’y attarde dans cette série d’entretiens réalisés avec l’ancien journaliste du Monde, il ne justifie pas moins et n’assume pas moins cette politique de la terre brûlée engagée par l’OAS contre les Algériens et les Français.

Susini « justifie avec la même équanimité qu’hier les atrocités commises au nom de l’Algérie française », écrit Le Gendre. Extraits.

Bertrand Le Gendre : L’accord FLN-OAS a échoué pour deux raisons : l’opposition de la faction la plus intransigeante du FLN. Et aussi parce que les pieds-noirs fuient en masse le pays. Dans leur écrasante majorité ils jugent l’Algérie perdue : à quoi leurs serviraient les garanties que vous avez négocié pour eux ?

Jean-Jacques Susini : L’exode des pieds-noirs a connu deux temps. Jusqu’aux accords d’Evian, l’OAS a considéré que la présence des Européens sur place était nécessaire à notre combat. Nous leur avons interdit de partir sous peine de représailles. Après ces accords, la question se posait autrement. J’ai cru pour ma part qu’une autre solution était possible. Je l’ai tentée. L’échec consommé, il fallait s’en aller. 

Non sans saccager ce pays qui vous est cher. Dans les dernières semaines qui précédent l’indépendance, vous optez comme nombre de pieds noirs pour la politique de la terre brûlée.

Nous étions décidés à rendre l’Algérie aux musulmans telle qu’elle était en 1830 quand les Français s’y sont installés. La formule, à laquelle je trouve encore des mérites aujourd’hui, dit bien ce qu’elle veut dire. Un temps, ces destructions m’ont servi de moyen de pression face à Farès (Abderrahmane Farès, membre de l'Exécutif provisoire algérien, NDLR ) et Mostefaï (Chawki Mostefai, désigné par le FLN pour négocier avec l’OAS, NDLR). J’ai ordonné un cessez-le-feu qui s’est prolongé cinq jours, je vous l’ai raconté.

Vous n’aviez pas été obéi partout, loin de là. En fait les saccages ont continué comme ils avaient commencé. Le 7 juin, soixante mille volumes de la bibliothèque d’Alger étaient partis en fumée. Des barrages, des ponts, des puits de pétrole ont été minés. Le 25 juin, l’OAS fait sauter les dépôts de la British Petroleum sur les docks d’Oran.Toute la ville est plongée dans un âcre nuage de fumée noire…

Mettez-vous à la place des nôtres. Imaginez leur ressentiment, leur angoisse, leur peur. Ils étaient menacés des pires atrocités dans leur propre pays. Il ne restait qu’une échappatoire : partir.

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