Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Voici un message envoyé  sur notre Blog par une fille de harkis abandonnée en Algérie aujourd'hui

 

·         J'ai l'honneur de venir très respectueusement pour vous écrire ce message, pour réclamer ma nationalité française ; je réclame une loi qui peut me faire bénéficier de ma nationalité française car je suis Française dès la naissance.  Je suis une fille de harkis, je suis née en Algérie française en 1961 au moment de la guerre d'Algérie et au moment où mon père s'est engagé volontaire dans l'armée française pour l'Algérie française.  

 

 J'ai envoyé une demande de nationalité française au consulat de France à Alger...mais ma demande est restée sans suite. Je n'ai rien reçu du consulat de France à Alger J'ai trop souffert dans ma vie ; aujourd'hui j'ai 49 ans, j'habite en Algérie et ma vie est tellement dure que je suis devenue aujourd'hui une handicapée.  

 

 Tout a commencé quand je suis entrée à l'école en Algérie ; tout le monde me traitait de « fille de harkis » et j'en ai été perturbée dans mes études que j'ai dû quitter à 10 ans. Je me suis renfermé sur moi-même, à la maison. J'ai peur des gens et des mots « fille de harkis ». A cet âge de 6 ans, je ne connaissais pas ce que voulais dire « fille de harkis » et ça m'a fait peur.  

 

 Je suis restée à la maison jusqu'à l'âge de 18 ans et je me suis marié avec un mauvais homme, un alcoolique, parce qu'il n'y a personne pour se marier avec une fille de harkis, c'est considéré comme une honte pour les gens. Je n'ai pas la possibilité de choisir en tant que « fille de harkis ». A cet âge, je ne connaissais rien de la vie, j'étais trop complexée et refermée sur moi-même.   

 

Après mon mariage a l'âge de 18 ans a commencé une autre souffrance avec mon mari et avec l'alcool ; il me frappe toujours et même lui me dis que je suis une « fille de harkis ». J'ai 7 enfants avec lui, 3 majeurs et 4 mineurs. La vie avec ce mari est noire. Il m'a rendu handicapée tellement il me frappe toujours. Mais j'ai réussi à fonder une famille avec lui et à avoir des enfants. Mais même à mes enfants, je n'ai pas pu leur donner tout l'amour dont ils ont besoin.   

 

Ma vie a été très dure depuis le début et à ce jour je souffre, je ne connais rien de la vie car j'ai quitté l'école a l'âge de 10 ans. Je vous écris ce message grâce a mon fils ; il a 28 ans, un bon niveau d'étude et il connait bien le français. Parce que moi je ne sais plus ce qui se passe dans la vie mais c'est grâce à mon fils que je comprends beaucoup de choses.   

 

J'ai attendu l'âge de 49 ans pour réclamer ma nationalité française. C'est par mon fils que je vous écris mon histoire en tant que fille de harkis, une fille qui est née Française d'un père engagé volontaire dans l'armée française pour l'Algérie française.   Je me demande, si l'Algérie était restée française est-ce que je serais devenue une étrangère ?  Je me demande pourquoi mon père devint étranger a l'indépendance de l'Algérie, lui qui a sacrifié sa vie ainsi que la vie de sa famille pour l'Algérie française ?  

 

Je me demande pourquoi la France a mis mon père a la même place que les Algériens qui ont combattu pour l'indépendance de l'Algérie ?  Je me demande pourquoi la France n'a pas fait la différence entre ses ennemis et ceux qui ont sacrifié leur vie pour la France ?  Je ne sais pas comment un enfant étranger mais qui est né en France devient français même si ses parents sont les ennemis de la France ?  Et moi, je suis née en 1961 en Algérie française, d'un père soldat dans l'armé française, engagé volontaire dans l'armé française au moment de la guerre d'Algérie.  Je suis née et ma vie a été en danger pour la France, d'un père qui a sacrifié sa vie et la vie de sa famille pour la France et pour les valeurs de la République française, et pour vivre ensemble et pour son identité française.  

 

·         Je vous écrit ce message pour réclamer une loi pour avoir ma nationalité française qui a été retirée à l'indépendance de l'Algérie j'ai perdu la nationalité française dans mon enfance et mon père c'est engagé volontaire dans l'armée française pendant la guerre d'Algérie pour l'Algérie française et contre l'indépendance de l'Algérie merci
 
 
C'EST POUR L'HONNEUR DE LA FRANCE QUE J'AI SOUFFERT TOUTE MA VIE EN ALGERIE
 
A ce jour je souffre en tant que fille de harkis
Fille d'un homme qui a défendu la France au moment de la guerre
Fille d'un homme qui a défendu l'honneur de la France au moment de guerre
A l'honneur de la France que mon père a défendue
A l'honneur de la France que j’ai souffert pendant 49 ans rendez- moi mes droits
Arrêté de m’envoyer des messages comme quoi j'ai aucun droit
J’ai souffert dans ma vie pour l'honneur de la France
 
 

Mon père a sacrifié sa vie, ainsi que la vie de sa famille pour la France lorsque la France avait besoin de lui au moment de la guerre
Aujourd'hui on a besoin de la France au moment de paix
 

 
Fille de harkis abandonnée en Algérie

 

NOTRE REPONSE DANS LES COMMENTAIRES AUXQUELS NOUS CONSACRONS UN ARTICLE ICI

 Nous comprenons vos souffrances, Madame, vous trouverez, sur ce site, un article que nous allons vous consacrer, mais sachez qu'en ce qui concerne la Fondation pour la mémoire de la guerre d'Algérie, mise en place, en principe, aujourd'hui, la FNACA à qui vous vous adressez, n'y a pas accès, pour le moment. Et une association d'anciens combattants comme la FNACA est bien impuissante, puisque ce sont les gouvernants actuels de la France qui peuvent faire évoluer les lois. Recevez Madame, l'expression de notre considération distinguée.

 

Harkis : une fondation sous influence militaire [*]

Article paru sur le Site de la Ligue des Droits

 de l'Homme de Toulon

par Fatima Besnaci-Lancou
co-fondatrice de l’association Harkis et droits de l’Homme

 

Le 31 mars 2007, le candidat Nicolas Sarkozy déclarait : « Si je suis élu président de la République, je veux reconnaître officiellement la responsabilité de la France dans l’abandon et le massacre de harkis, afin que l’oubli ne les assassine pas une deuxième fois » [4]. Trois ans après, il n’a toujours pas tenu son engagement. Hier, 20 septembre 2010, un communiqué du ministère de la Défense annonçait que la « Fondation pour la mémoire de la guerre en Algérie, des combats au Maroc et en Tunisie », prévue par la loi du 23 février 2005 « portant reconnaissance de la Nation et contribution nationale en faveur des Français rapatriés », sera installée aux Invalides le mardi 19 octobre par le secrétaire d’Etat à la Défense et aux Anciens Combattants, Hubert Falco. Cette fondation n’a jamais été demandée par les familles de harkis, elle est même très souvent rejetée. Que vient faire cette annonce lors d’une journée dédiée aux harkis ?

Lorsque l’association « Harkis et droits de l’Homme » et d’autres rappellent aux hommes politiques l’engagement du chef de l’Etat, ceux qui sont au pouvoir aujourd’hui répondent aussi inlassablement : fondation, fondation, fondation… Une lettre-type, signée par un haut gradé de l’armée en poste à l’Elysée est systématiquement envoyée aux associations qui se rappellent à son bon souvenir. De même, une réponse-type, signée par Hubert Falco, secrétaire d’Etat aux anciens combattants, est utilisée pour (ne pas) répondre aux parlementaires qui, par une question écrite, s’inquiètent de la mise en oeuvre de l’engagement du Président. De qui se moque-t-on ? Les harkis ont si souvent servi de pions aux mains du colonisateur, puis des nostalgiques de l’Algérie française. Il risque bien d’en aller de même avec une fondation aux mains des militaires.

Certes, Hubert Falco assure que « la Fondation ne sera l’otage de personne », que les historiens, français et « de toutes nationalités », pourront y travailler, loin de toute pression. Mais trois places du conseil d’administration sont d’ores et déjà réservées à trois associations, qui, ensemble, apportent plus de 60% du budget total : les « Gueules cassées », la Fédération Nationale André Maginot et le Souvenir français, toutes trois présidées par d’anciens généraux de l’armée française ayant combattu en Algérie. Un seul exemple : le vice-président des Gueules cassées, le général Bertrand de la Presle, est signataire du « Manifeste des 521 officiers généraux ayant servi en Algérie », où il est dit : « Nous tenons d’abord à affirmer que ce qui a caractérisé l’action de l’armée en Algérie ce fut d’abord sa lutte contre toutes les formes de torture, d’assassinat, de crimes idéologiquement voulus et méthodiquement organisés. » Quand on connaît les exactions de l’armée française (et celles du FLN), on croit rêver !

Aujourd’hui, alors que l’histoire des harkis est mieux connue, il est temps de passer de la compassion à une vraie reconnaissance, celle de la responsabilité, comme cela a été fait pour d’autres drames humains du 20ème siècle. Drames incomparables les uns aux autres sur le plan collectif, mais aussi douloureux sur le plan individuel.

Paris le 21 septembre 2010

Fatima Besnaci-Lancou

 

 

 

 

 

 

 

Tag(s) : #Associations